Bien que les clubs de boxe ou les dojos de jiu-jitsu soient des écoles de combat bien connues du public, peu d’entre nous connaissent l’existence d’organisations telles que l’Association d’arts martiaux historiques européens du Saguenay. L’AMHE est un organisme à but non lucratif qui, chaque semaine, se réunit afin d’approfondir ses connaissances, tant théoriques que pratiques, sur les techniques utilisées à travers les époques pour se livrer en duel.
De l’Antiquité jusqu’à la Première Guerre mondiale, tous les styles de combat peuvent être appris, et il n’est pas anodin d’apercevoir des épées à deux mains, des rapières ou des baïonnettes lors des séances. L’objectif est de diffuser et de permettre la pratique des arts martiaux historiques européens de la manière la plus fidèle possible auprès des intéressés. Pour ce faire, l’un des volets les plus importants de la discipline est la consultation de recueils et de textes anciens servant à transmettre les savoirs ancestraux.
Une passion profonde
Le président de l’organisme, Mathieu Bouchard-Tremblay, a fondé l’association régionale il y a deux ans maintenant, mais il s’adonne à cette pratique depuis près de dix ans.
En se remémorant les premières années, où il était parfois difficile de trouver un compagnon d’armes, il se plaît à voir la communauté prendre son essor.
« Pour moi, ce que j’aime, c’est de réussir à regrouper des gens qui ont la même passion. C’est une communauté qui est super, tant au sein de notre groupe que lorsque l’on participe à un événement, comme à Montréal. Les gens sont toujours super contents de voir les représentants du Saguenay arriver, comme si le Nord débarquait ! Il y a une dimension d’ouverture, de partage et une grande curiosité. Dans ma vie personnelle, j’ai également une formation en histoire ; je suis un geek d’histoire. Ça me permet alors de combiner ma passion avec la pratique d’une activité physique. »
AMHE au Québec
Les associations d’arts martiaux historiques européens auraient commencé à faire leur apparition dans les années 1990. Aujourd’hui, quelques villes du Québec, telles que Montréal ou Sherbrooke, ont des associations sur leur territoire.
Le Montréal Sword Meisters et le nouveau tournoi de Trois-Rivières, nommé Capitis Duellum, sont deux événements majeurs de la province qui ont désormais une portée internationale.
« Ces tournois sont un peu la culmination de ce que tu peux obtenir ; c’est une tout autre expérience […] C’est encore un sport amateur, alors il n’y a pas de fédération, ce qui fait que chaque tournoi est unique », ajoute M. Bouchard-Tremblay.
Un équipement adapté
Pour participer aux compétitions et pratiquer de façon sécuritaire, l’équipement se doit d’être en ordre. En moyenne, le prix total peut s’élever à près de 2 000 $.
Cela comprend la protection corporelle, qui peut ressembler à celle de l’escrime olympique, ainsi que les différentes armes.
Les épées utilisées peuvent être faites de résine de nylon, principalement pour les participants de niveau débutant et lors des entraînements collectifs, ou encore d’acier émoussé, permettant une réplique la plus fidèle possible pour les compétitions et pour le bonheur des plus aguerris.
Celles-ci étaient autrefois fabriquées majoritairement en Europe par des artisans, mais sont, de fil en aiguille, passées à une production industrielle à travers le monde.
Les prochaines batailles de l’association
Mathieu Bouchard-Tremblay et ses confrères ont toutes sortes d’ambitions pour permettre à l’association de grandir.
Ils souhaitent, d’une part, avoir la capacité d’offrir des séances de pratique supplémentaires, ce qui permettrait d’accueillir de nouveaux participants et de diversifier davantage les arts martiaux abordés lors d’une session et, d’autre part, devenir un centre important au sein des AMHE du Québec en proposant un événement tenu ici, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.