La Chambre de commerce et d’industrie Saguenay–Le Fjord (CCISF) voit dans la nouvelle Stratégie industrielle de défense du Canada, dévoilée hier par le premier ministre Mark Carney, un tournant majeur pour l’économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean, déjà étroitement liée aux enjeux militaires.
Selon elle, celle-ci pourrait enfin faire de la défense un véritable levier d’innovation et de développement industriel, en particulier pour les entreprises de la région désireuses de renforcer les capacités militaires du pays.
La présidente-directrice générale de la CCISF, Sandra Rossignol, estime que la stratégie arrive à point nommé. Elle souligne le rôle central que jouera la Base des Forces canadiennes Bagotville dans la mise en œuvre de la stratégie en raison des investissements déjà engagés pour l’accueil des nouveaux avions F‑35 et la modernisation des infrastructures qui en dépend.
« Nos entreprises doivent poursuivre leurs efforts afin de se conformer aux normes militaires et industrielles. », a-t-elle affirmé.
Prévisibilité et occasions d’affaires accrues
La CCISF juge également essentielle la contribution de la nouvelle Agence d’investissement pour la défense, qui devra offrir plus de prévisibilité dans l’octroi des contrats liés à la défense. Pour les entreprises, une plus grande coordination est cruciale afin d’organiser les chaînes d’approvisionnement et les embauches, explique la chambre de commerce.
L’organisme accueille aussi favorablement la bonification annoncée du programme de retombées industrielles et technologiques, orienté vers dix capacités industrielles clés. Selon la CCISF, cette priorisation permettra de soutenir les secteurs québécois ayant déjà démontré leur potentiel et d’assurer des retombées durables pour les entreprises.
La CCISF salue également la volonté du gouvernement de renforcer l’autonomie canadienne dans les intrants stratégiques comme l’aluminium et les minéraux critiques, deux secteurs névralgiques au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Des zones d’ombre à clarifier
Malgré cet accueil positif, la CCISF rappelle que le succès de la stratégie dépendra de sa mise en œuvre concrète. Selon elle, certaines composantes, dont la définition précise des « capacités industrielles clés », restent à détailler. Elle déplore aussi l’absence, pour l’instant, de nouveaux programmes majeurs en recherche et développement.
Le développement des compétences représente un autre défi qui n’est pas convenablement adressé par la Stratégie selon la CCISF. La Chambre demande que des ententes rapides entre Ottawa, Québec et les partenaires sur le terrain soient conclues afin d'adapter la formation de la main-d’œuvre aux besoins croissants des entreprises exposées à ce marché émergent.
Selon un sondage réalisé par la Fédération des chambres de commerce du Québec en collaboration avec son réseau et la Coalition québécoise pour la défense et la sécurité, 70 % des entreprises participantes ont indiqué ne pas être prêtes à saisir les nouvelles opportunités liées à la défense.