Il y a un sujet qui va toujours diviser dans le monde du hockey : pour ou contre les bagarres. Depuis quelques années, non seulement les dirigeants des circuits se sont penchés sur la question, mais même les instances gouvernementales ont fait des pressions pour changer la donne.
Il y a vraiment deux idées de pensée dans ce dossier. Pour plusieurs, les bagarres ont toujours fait partie du hockey et de les enlever pourraient faire augmenter le nombre de coups salauds. Dans l’autre camp, la bagarre est la cause première des commotions cérébrales et il est devenu barbare de voir deux belligérants lâcher les gants pour régler leur compte.
Les deux clans ont de très bons points à défendre. Toutefois, la décision qui a été prise d’interdire les bagarres dans la ligue de hockey junior Maritimes Québec semble avoir entraînée des conséquences par rapport au reste du hockey nord-américain. De là, l’erreur.
Il faut remonter à l’événement « Jonathan Roy et Bobby Nadeau » en mars 2008 pour entendre le gouvernement et la ministre aux Sports à l’époque, Michelle Courchesne, se questionner sur l’utilité des combats au hockey. Ceux qui se souviennent de l’événement savent que mis à part le côté spectacle, il n’y a eu aucun blessé dans cette mêlée qui est survenue durant un match de série entre les Remparts de Québec et les Saguenéens de Chicoutimi. Mais il n’y avait plus personne d’assis sur son banc au Centre Georges-Vézina.
Toutefois, je me souviens qu’à la même époque, quelques anciens pugilistes de la ligue nationale de hockey sont décédés… et les raisons portaient à réfléchir. Certains ont décidé de mettre fin à leur jour en raison des souffrances dû aux nombreuses commotions qu’ils ont subi au cours de leur carrière. D’autres, nous ont quitté puisque leur cerveau était trop endommagé ou la consommation de médicaments pour apaiser les douleurs était devenu trop forte.
Il y a quelques années, soit au début de 2020, le député libéral Enrico Ciccone, un ancien bagarreur de la LNH, part en guerre contre les combats au niveau junior expliquant entre autres le non-sens de voir un jeune de 17 ans lâcher les gants contre un autre de 19 ou 20 ans. L’un est mineur et l’autre est majeur et souvent avec un plus gros gabarit. Il frappait dans le mille avec sa tentative de retirer les combats dans la LHJMQ.
C’est finalement en 2023 que la Règle 47 stipule que tout joueurs qui se bat pendant une rencontre junior recevra une extrême inconduite de partie et que s’il y avait un instigateur, il aurait un match de suspension. À noter que les deux autres circuits juniors canadiens n’ont pas emboîter le pas.
Or voilà que trois ans plus tard, les dirigeants des équipes juniors et Hockey Québec se posent la question sur l’utilité des bagarres, devant la baisse de popularité du hockey québécois. Lorsqu’on regarde le nombre de représentant au dernier mondial junior (1) et aux prochains Jeux Olympiques (zéro), c’est à se demander si les grands dirigeants nationaux ignorent les joueurs québécois en raison de leur manque de robustesse.
On remarque également que plus la saison junior avance, plus l’intensité monte et que le nombre de combat augmente même si les joueurs savent que le match est terminé. Plus de la moitié des directeurs-généraux de la LHJMQ ont avoué que le manque de robustesse fait mal à leur circuit.
Comme quoi il est possible de revenir sur une erreur qui a probablement été prise pour de bonnes raisons mais que les nouvelles réalités pourraient les faire revenir sur leur décision.