L’espace d’art actuel Le 65, à Larouche, a tenu ce vendredi une exposition-vente de pièces en céramique d’Arnaud Tremblay, artiste visuel originaire de Chicoutimi. Le Salon d’un refusé présentait au public de nombreuses œuvres réalisées au cours des dernières années et jamais présentées auparavant, où l’expérimentation et la remise en question des normes actuelles de l’art sont au cœur de la démarche.
L’événement constituait la cinquième exposition en carrière pour Arnaud Tremblay.
Comme son nom l’indique, l’artiste a puisé une partie de son inspiration dans le Salon des refusés du 19e siècle qui, à l’époque, représentait l’émergence d’une modernité artistique, en opposition avec le bon goût de son temps.
Les pièces sculpturales, que l’artiste a lui-même qualifiées d’« ignobles », sont alors des céramiques qui remettent en question l’idéal de maîtrise.
« C’est dans cette idée de renouveau et de révolution créative que j’ai décidé de présenter les œuvres qui n’étaient pas faites pour un projet et qui n’étaient pas faites pour rentrer dans l’idéal demandé par le milieu artistique actuel. »
Ce choix esthétique et conceptuel se traduit notamment par une attention particulière portée à la rapidité d’exécution et aux imperfections formelles, qui renforcent la dimension contre-productiviste de son œuvre.
« Ma pratique artistique se résume à une phrase qui est, quelque part, mon mantra créatif : juste faire des shit criss. Le but est de créer, d’en faire le plus possible et de sortir ce qu’on a à l’intérieur. Je ne fais pas de l’art pour faire de l’argent ou pour briller sur les réseaux sociaux, j’en fais parce que j’en ai besoin. Je ne verrais pas ma vie autrement », ajoute-t-il.
Diplômé du baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’Université du Québec à Chicoutimi, Arnaud Tremblay a également eu l’opportunité de se développer en Islande dans le cadre d’une résidence de recherche-création au sein de l’organisme artistique SIM à Reykjavík.
« D’un côté, faire sa première résidence à l’international est un bon coup de pouce pour ma pratique et mon travail, mais ça m’a surtout donné de la confiance et ça nous prouve un peu à nous-mêmes que notre travail vaut la peine d’être poussé plus loin. »
Pour le cofondateur du 65, Daniel Pedneault, Le Salon d’un refusé et ses œuvres constituent, encore une fois, une exposition professionnelle où l’on réalise que l’art n’a aucune limite.
« Quand on reçoit des artistes, on se fait toujours surprendre, et j’ai été agréablement surpris par sa personne et par ses créations. C’est un monde à découvrir, franchement. »
Dans la même optique, la cofondatrice, Mariane Tremblay, estime que c’est une chance de pouvoir présenter et soutenir son travail.
« Je trouve qu’il a un regard sur la matière qui est très brut. Il le dit lui-même, c’est “ignoble”. Par contre, ce ne l’est pas dans un sens esthétique. On pourrait peut-être attribuer ce mot à la façon dont il travaille avec ses mains, mais le résultat vient confirmer ses intentions. »
Au printemps prochain, Arnaud Tremblay compte retourner en France, pour donner suite à un séjour de quelques mois, afin de s’y établir de façon permanente et ainsi vivre de son art. Il sera basé à Lyon, à l’atelier Folk.
L’espace Le 65
Situé aux abords de la route 170, l’espace d’art actuel est une plateforme tremplin dédiée à la vente et à la mise en valeur de la création émergente en arts visuels de la région.
Dans le souci de développer la curiosité pour l’art et de valoriser le rôle de l’artiste dans la société, Le 65 met la main à la pâte afin de nourrir la vivacité culturelle de son milieu, d’appuyer son enracinement identitaire local et d’offrir une expérience artistique professionnelle au public.