Le temps des sucres, c’est bien plus qu’une saison: c’est une tradition bien ancrée sur le territoire du Saguenay. Que ce soit pour déguster un repas traditionnel, savourer de la tire sur neige ou découvrir les produits d’érable du Québec, toutes les raisons sont bonnes pour sortir en famille dans les semaines à venir.
D’abord, l’Érablière au Sucre d’Or, située à Laterrière, vous ouvre ses portes jusqu’au 26 avril prochain, une façon de profiter de brunchs gourmands au sein des installations. Toute l’année, il est également possible de découvrir les dessous de l’érablière, dont les secrets de la production de l’érable à travers une visite guidée immersive. Afin de s’assurer du bon déroulement de la saison, qui a débutée officiellement le 7 mars dernier, les gens intéressés sont invités à réserver leurs places en ligne au préalable. Les repas cabane à sucre sont servis les samedis et dimanches à 9h, 11h ou 13h. En semaine, seul le dîner est offert, dès 11h.
Parallèlement, la cabane à sucre s’invite au Parc de la Rivière-du-Moulin avec le Groupe nature animée, le dimanche 15 mars à 9h. Différentes activités d’animation seront au programme, dont une activité d’interprétation sur l’Érable, une démonstration d’entaille, de la musique traditionnelle, une initiation à la danse folklorique et un jeu-questionnaire sucré. Deux dégustations de tire d’étable sont quant à elle prévues, la première vers 10h30 et la seconde à 15h. Les coûts varient dépendamment de l’âge, allant de 5 à 10$ par personne. Le paiement se fait en argent comptant seulement.
Cette même journée, de 9h à 14h, un brunch décadent aura lieu du côté de l’Auberge du Cap au Leste, à Sainte-Rose-du-Nord. Un rendez-vous délectable à ne pas manquer, au tarif de 62$ par personnes, taxe et pourboire inclus. Les enfants de moins de 12 ans pourront bénéficier d’un 50% de rabais. Encore une fois, la réservation en amont est conseillée.
Le samedi 28 mars prochain s’amènera aussi le Brunch des sucres, organisé par le Resto des Battures à La Baie. Deux services seront disponibles, soit un à 9h et l’autre à 11h30, sous réservation. Au menu: tourtière, fèves au lard, mini pâtés à la viande, œufs brouillés, pommes de terre et saucisses déjeuner, bacon et jambon à l’érable, tarte au sucre, pancakes, oreilles de crisse et bien plus. Sans oublier la tire d’érable à volonté !
Une saison hâtive pour les acériculteurs
Plusieurs acériculteurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean ont débuté leur récolte de sirop d’érable dans la dernière semaine. C’est le cas de Francis Faucher, producteur acéricole à Sainte-Rose-du-Nord.
« J’ai terminé le perçage de mes arbres dernièrement. On pensait commencer à récolter samedi dernier, mais il y a eu un redoux de température. D’habitude ça se passe plus au mois d’avril ici dans la région », mentionne le propriétaire de l’Érablière au pieds des Monts Valin. « Avec la neige et le froid qu’on a cette année, il faut bien préparer la tuyauterie et les tubulures pour les premiers dégels », ajoute-t-il.
M. Faucher admet que l’érablière a changée d’orientation il y a quelques temps, pour ne se concentrer que sur la production.
« J’axe ma pratique sur la production maintenant, je n’organise plus d’activités commerciales. On effectue de l’embouteillage durant la saison », émet-il.
L’acériculture ressent les effets des changements climatiques, et ce, de plus en plus, aux dires du propriétaire de l’érablière biologique.
« Actuellement, il n’y a plus d’érables en haut des Monts Valin. Notre croissance est minime, nos arbres sont petits. S’il y a un réchauffement un jour, ça nous aiderait probablement à avoir une saison plus longue. Je vois ça d’un bon œil, mais on n’a pas de contrôle sur la nature malheureusement. »
Si le secteur d’activité venait à prendre de l’expansion au Saguenay-Lac-Saint-Jean, comme ça l’est en Montérégie ou dans le Centre-du-Québec, l’acériculture pourrait définitivement devenir un levier d’agrotourisme important, selon Fabien Faucher.
« Il y a vraiment une grosse demande et il faut creuser ça. La clientèle européenne en prend et en reprend, c’est fou. Je me fais beaucoup demander ici et là pour organiser des activités de tire d’érable sur la neige, par exemple. On remarque un manque, clairement », admet-il.
Le producteur se conforme aux quotas des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), ce qui lui donne la liberté de vendre ses produits en vrac, en kiosque et en épicerie. M. Faucher vise les 10 000 entailles pour les prochaines années. L’Érablière au pieds des Monts Valin possède 6500 érables à ce jour.