« Je suis originaire du Lac-St-Jean! » Ces quelques mots prononcés à l’intention d’un Montréalais qui s’informait de l’origine de mon accent ont mis mon paternel en beau pétard. « Tu ne viens pas du Lac, tu viens du Saguenay » s’est-il empressé de me sermonner aussitôt l’individu distancé. J’ai dû lui expliquer qu’après plus de vingt années en « exil » à Montréal (depuis 1979…), je ne faisais plus la différence. Que c’était souvent plus pratique et plus facile de dire que j’étais un Bleuet du Lac-St-Jean. Pour les nombreux néo-Québécois de la grande région métropolitaine, le Lac est plus connu que le Saguenay. Pas certain que mon papa né en 1937, un fier Jonquiérois natif de Kénogami, ait compris et accepté mon raisonnement.
J’ai toujours le même sentiment d’incompréhension, de malaise voire d’injustice pour les résidents du Lac quand je roule en direction de la Réserve faunique des Laurentides et que j’aperçois le premier panneau routier : « Saguenay 169 Alma 185 ». J’ai le même malaise quand je regarde le bulletin météo en fin de soirée et que « Saguenay » identifie l’ensemble du Saguenay-Lac-St-Jean (SLSJ). C’est comme si la région du Lac-St-Jean n’existait pas. Quelle confusion pour un touriste! Imaginons que collectivement nous devenions plus solidaires et plus matures. Peut-être que simplement nous pourrions remplacer la mention « Saguenay » par Chicoutimi, ce qui serait conforme à la réalité, plus juste pour l’ensemble des municipalités du Lac-St-Jean mais surtout, plus clair pour les touristes.
Quoique l’on puisse dire ou penser, Chicoutimi fondé en 1676, identifié depuis des milliers d’années par le toponyme innu eshkotimiou, mérite d’être reconnu comme l’ensemble des secteurs de la grande ville fusionnée