Chroniques

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Les dindons de la farce

Le 24 avril 2025 — Modifié à 14 h 34 min le 23 avril 2025
Par Roger Lemay

Encore une fois, nous assistons à un fonctionnariat décroché des réalités régionales. Difficile de trouver les bons mots pour qualifier la récente décision de Québec, qui met sur la glace pour 5 ans l’achèvement de l’autoroute Alma-La Baie. Absurdité? Aberration? Non-sens? Illogisme? Incohérence? Le ministère des Transports, sans nuance, applique une politique mur à mur, sans considération de l’historique du dossier. C’est ce qui arrive quand on laisse des fonctionnaires de Québec, de Montréal ou d’Ottawa décider à notre place. Ça donne des décisions comme un redécoupage électoral dénué de tout bon sens, avec un comté Jonquière comprenant des municipalités comme Saint-Eugène, Saint-Stanislas ou L’Ascension…

Le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est Louis Ouellet, après avoir pris connaissance du report de l’achèvement de l’autoroute, a déclaré avoir l’impression de se faire inviter à un dîner de cons depuis 30 ans. J’ajouterais que lors de ce dîner, c’est nous qui sommes les dindons de la farce. Vous savez le pire dans cette histoire? C’est que celui étant supposé défendre son comté et les intérêts de ceux qui l’ont élu, le député caquiste de Lac-Saint-Jean Éric Girard, a plutôt pris la position de défendre les décisions de son gouvernement, au détriment de sa population, invoquant le contexte budgétaire. Vous parlez d’un courage…

Le ministère explique qu’il a mis sur pause les nouvelles infrastructures pour privilégier l’entretien des plus vieilles. Peut-on faire comprendre à ces gens-là qu’Alma-La Baie n’est pas une nouvelle infrastructure, mais un projet inachevé qui est régionalement priorisé depuis 40 ans? Cette route, c’est un véritable vecteur de progrès pour toute la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui relie directement les deux pôles économiques les plus importants de la région, facilitant le transport des biens et des personnes. Des milliers d’Almatois (incluant les municipalités du secteur Nord) se farcissent quotidiennement le rang de la fromagerie, le rang 6 de Saint-Bruno, qui, à une seule voie, entraîne son lot de risques, particulièrement en hiver, car ils sont légion à occuper des emplois au Saguenay. L’inverse est aussi vrai. Il n’y a qu’à circuler aux heures de pointe sur ce tronçon pour constater de quelle façon l’affluence du trafic s’est multiplié avec les années. C’est pourquoi cette route doit être considérée comme une nécessité incontournable, et non pas comme un simple tracé routier d’envergure secondaire, encore moins un nouveau projet. Avez-vous pris le temps d’observer en détails le parcours du tracé nord? Il est parfait. Il n’affecte à peu près pas les terres agricoles, traverse des boisés non utilisés et coupe directement vers Alma. C’est carrément un raccourci. Bref cette route sera plus rapide, plus sécuritaire, plus écologique et maximisera la fluidité de la circulation. Il ne reste que ce petit bout pour enfin terminer le quatre voies divisées. Vous ne croyez pas que la population de la région a suffisamment payé en taxes et d’impôts depuis 40 ans pour enfin terminer sa seule autoroute? Nous avons un espoir: la très compétente et courageuse députée Andrée Laforest, qui a prouvé plus d’une fois son efficacité et sa loyauté envers sa région.

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