Le Collectif des femmes immigrantes du Saguenay-Lac-Saint-Jean franchit une nouvelle étape de son développement. L’organisme, fondé en 2015 pour soutenir l’intégration et la participation des femmes issues de l’immigration dans la région, procédera au lancement de son plan stratégique et de son site web le samedi 21 mars.
Il faut savoir qu’en 2024, le Collectif a été récipiendaire d’un financement du Programme de promotion de la femme de Femmes et Égalité des genres au Canada. Le regroupement a déjà ainsi pu franchir quelques étapes clés, comme la création de leur site web, la réalisation d’un diagnostic organisationnel et la mise en place d’un plan d’action, la participation à des formations en gestion d’organismes communautaires et l’embauche de toutes les premières employées.
« Le plan stratégique s’échelonnera normalement sur trois ans, donc jusqu’en 2028. Le lancement sert à rendre officielle cette planification. Déjà, nos bases sont solides avec nos membres et nos partenaires et plusieurs cases ont été cochées en 2025 quant à nos buts à atteindre », mentionne la coordonnatrice de projet pour le Collectif des femmes immigrantes SLSJ, Elodie Rabenantoandro. Cette dernière est originaire du Madagascar et vit dans la région depuis 2018.
Quatre grandes orientations viennent définir le plan d’action pour la prochaine année, aux dires de Mme Rabenantoandro.
« La première cible notre structure organisationnelle. Oui, il y a un conseil d’administration au sein de notre équipe, mais nous voulions s’assurer d’intégrer nos membres de manière un peu plus formel. Puisque c’est du bénévolat, parfois c’est un peu difficile, mais nous désirons les impliquer davantage dans les prises de décision. Le deuxième axe touche l’organisation d’activités qui seront vraiment au goût de nos membres, et dans leurs champs d’intérêts. Le troisième point se concentre sur la pérennité de notre collectif à long terme. Le quatrième et dernier point fait état de notre communication et de comment on peut la rendre meilleure, que ce soit à l’interne, mais surtout à l’externe via la promotion de notre regroupement sur nos différentes plateformes », explique-t-elle.
Le lancement se fera du côté du Centre communautaire de Shipshaw, de 10h à 13h. Au programme: jeux ludiques et moments de partage, mise en lumière des talents, passions et entreprises des membres ainsi qu’un dîner festif pour les personnes qui seront présentes. Les places étant limitées, une inscription est recommandée au préalable.
Historique
Il y a 11 ans, quelques femmes immigrantes de la région se sont réunies pour partager leurs expériences, leurs défis et leurs espoirs. Il s’agissait à ce moment de la naissance informelle d’un espace d’échanges et de solidarité qui deviendra, quelques années plus tard, le Collectif. Dès 2018, le groupe commence à organiser des ateliers, des sorties et des rencontres ouvertes à la communauté. Peu à peu, le Collectif se fait connaître, gagne en visibilité et développe une voix commune pour défendre les intérêts des femmes immigrantes.
« Au début, le mouvement était surtout sur Facebook, dans un groupe privé. Que ce soient les communications, les mobilisations, tout se passait là. À partir de 2021, on est officiellement devenu un organisme à but non lucratif. L’an dernier, on s’est aussi dénicher un petit local à Chicoutimi », soutient Elodie Rabenantoandro.
Le Collectif contient actuellement un peu plus de 300 membres ainsi que des membres alliés, c’est-à-dire toute personne voulant soutenir la cause.
Le regroupement régional élabore également des activités de rapprochement interculturel qui sont des occasions pour ces femmes de tisser des liens. Qu’il s’agisse de cuisines collectives, de potlucks, de jardinage communautaire, d’ateliers d’écriture, de création artistique ou de fêtes conviviales, chaque moment est une invitation à la rencontre entre femmes immigrantes et membres de la société d’accueil. Le Collectif prend également la parole dans l’espace public afin de défendre ses valeurs et de rendre visibles les réalités vécues par les femmes immigrantes. Cela passe par la prise de parole dans les médias, la participation à des marches en soutien aux causes qui nous interpellent, ou encore l’implication dans des événements citoyens comme le Relais pour la vie.