La nouvelle députée péquiste de Chicoutimi, Marie‑Karlynn Laflamme, n’a pas mâché ses mots à la suite du dépôt du budget 2026‑2027 du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), présenté hier.
Selon elle, l’exercice budgétaire reconduit une vision économique interventionniste sans limites de l’État, alors que les dépenses dédiées à l’intervention économique augmentent de 1,7 milliard de dollars.
Des infrastructures « sur papier »
Marie‑Karlynn Laflamme reconnaît toutefois une amélioration dans le Plan québécois des infrastructures 2026‑2036 (PQI). La part des investissements consacrés au maintien des actifs passe de 64 % à 71 %, un changement qu’elle qualifie de « pas dans la bonne direction ».
« Là où le bât blesse, c’est que je constate que le PQI demeure un stationnement à projets. Lorsqu’on compare le plan de 2025 avec celui de 2026, on a pratiquement des formules copier‑coller pour annoncer des projets qui, on le sait maintenant, n’ont pas avancé. », a‑t‑elle affirmé, citant en exemple le bloc opératoire de l’Hôpital de Chicoutimi, inscrit au PQI depuis 2013.
« Bref, on va le croire quand on va le voir, parce que le PQI demeure sous la CAQ un exercice politique. », a‑t‑elle tranché, ajoutant qu’un gouvernement péquiste prioriserait les projets en fonction de la vétusté des installations, de l’achalandage et des besoins réels de la population.
Du côté du CIUSSS du Saguenay–Lac‑Saint‑Jean, le ton est plus optimiste. L’organisation salue la progression de deux projets inscrits au PQI : la construction du nouveau bloc opératoire de l’Hôpital de Chicoutimi et la rénovation de l’urgence de l’Hôpital de Jonquière.
Dans un communiqué, le CIUSSS indique que « les investissements prévus au PQI constituent une étape positive qui permettra de faire progresser les projets et d’offrir des environnements de soins mieux adaptés, au bénéfice de la population et des équipes du réseau ».
Le ministre responsable de la région, Éric Girard, s’est porté à la défense du budget de son gouvernement, notamment dans les dossiers du bloc opératoire de l’hôpital de Chicoutimi et de la modernisation de l’urgence de l’hôpital de Jonquière.
Sans s’avancer sur les échéanciers, le député de Lac-Saint-Jean a assuré que des montants d’argent sont maintenant attachés aux deux projets, et que ce n’est qu’une question de temps avant que le tout ne se mette en branle.
Un soutien insuffisant pour les communautés forestières
La députée de Chicoutimi critique également les mesures annoncées pour soutenir l’industrie forestière et les communautés qui en dépendent. Le budget prévoit 365,1 millions de dollars sur cinq ans pour le secteur, une somme qu’elle juge insuffisante au regard de son importance économique.
« Une filière qui fait vivre plusieurs dizaines de milliers de personnes au Québec depuis des siècles mérite qu’on s’y attarde, mais lorsqu’on compare avec l’investissement de 275 millions de dollars dans Nemaska Lithium — le mois dernier uniquement — on constate que ce gouvernement a choisi son camp. », a‑t‑elle déclaré.
L’opposition unanime dans sa critique
En plus du Parti Québécois, les autres formations politiques à l’Assemblée nationale ont elles aussi dénoncé plusieurs aspects du budget.
Le Parti libéral du Québec (PLQ) estime que le document manque d’ambition et soutient que le déficit confirmé de 9,9 milliards de dollars illustre les erreurs de gestion des dernières années.
Le PLQ reproche aussi au gouvernement de ne pas répondre aux grandes préoccupations des Québécoises et des Québécois, notamment la hausse du coût de la vie et du logement. Il remet également en question la capacité de la CAQ de revenir à l’équilibre budgétaire en 2029‑2030, un objectif jugé « très optimiste » dans un contexte d’incertitude économique.
Québec solidaire, pour sa part, qualifie le budget d’« incomplet » et de « déconnecté des priorités de la population ». Le parti dénonce son caractère préélectoral, alors que plusieurs centaines de millions de dollars sont mis de côté pour d’éventuelles annonces du ou de la prochaine cheffe de la CAQ.
« Je le dis sans détour, ce n’est pas un budget, c’est une pancarte électorale. C’était leur dernière chance de donner de l’oxygène aux gens qui en arrachent, et ils ratent la cible. », a affirmé la porte‑parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal.