À Saint-Félix-d’Otis, un nouveau projet destiné à soutenir celles et ceux qui portent l’uniforme se dessine. Le Centre d’accueil des uniformes (CADU), fondé par deux vétérans, offrira un lieu de répit et d’accompagnement aux militaires, policiers pompiers et ambulanciers confrontés au stress post-traumatique. L’établissement verra le jour à l’automne prochain.
Le centre comprendra 12 chambres pour des thérapies de 27 jours accompagnés de spécialistes, aux dires du vétéran de l’armée et président sortant de la filiale 235 de la Légion royale canadienne, Steve Fréchette.
« Le concept n’est pas nouveau et est même similaire aux centres que l’on peut retrouver du côté de Québec. Les personnes qui bénéficieront du service seront hébergées pendant 27 jours, logées et nourries. Divers intervenants, comme des psychologues et travailleurs sociaux, seront sur place pour outiller ces gens-là et répondre aux différentes problématiques qui découlent d’un stress post-traumatique. On compte traiter 120 personnes annuellement », spécifie-t-il.
D’ici deux semaines, un appel d’offres sera lancé à la recherche d’un contracteur pour la réalisation prochaine du projet. Après avoir trouvée la compagnie qui remplira le mandat, la construction du CADU pourrait débuter dès le mois de juin. Les travaux devraient être terminés à la fin du mois d’août.
« Dans le contexte économique actuelle et délais que ça pourrait engendrer, c’est difficile de déterminer une date précise pour l’ouverture de l’endroit. On est dans ces démarches-là depuis 2013, donc que ça ouvre au mois de septembre ou d’octobre, ça ne change pas grand-chose pour nous. On a hâte que ça décolle pour vrai », ajoute M. Fréchette.
Ce dernier rappelle d’ailleurs l’importance du déploiement d’un centre de ce genre au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour les personnes qui se trouvent dans ces corps de métier.
« Premièrement, ce sont les contribuables qui paient pour le service de ces gens-là, puisque ceux-ci œuvrent pour le gouvernement. Inversement, il faudrait être en mesure de s’occuper de ces mêmes individus lorsqu’ils sont blessés. Et ce n’est pas seulement une question de proximité, mais aussi d’accessibilité. Les deux autres centres existants au Québec sont constamment à pleine capacité. Les personnes d’ici tombent donc sur des listes d’attente et ça peut rapidement devenir problématique », admet-il.
Des bases solides
L’initiative a été mise sur pied par Steve Fréchette, sept ans avant qu’il ne sorte des Forces armées canadiennes.
« Je me trouvais dans une position où je côtoyais et voyais énormément de militaires aller se faire soigner. En 2013, le gouvernement fédéral avait octroyé de l’argent aux provinces pour offrir des services post-traumatiques. Avec le vétéran Luc Fortier, on s’est mis à faire des démarches auprès du ministère de la Défense et des lobbyistes, jusqu’à temps qu’on réussisse, avec Mme (Andrée) Laforest, à dévier l’argent qui allait aux provinces directement au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’était en 2019 », explique M. Fréchette.
Le duo s’est allié avec la firme d’architecture Atelier FAA pour confectionner les premiers croquis du centre d’accueil. Le projet a ensuite franchi une nouvelle étape après l’acquisition d’un terrain à Saint-Félix-d’Otis, gracieuseté la municipalité, ainsi que par le soutien d’un financement de 1,7 M$.