Le Parti Québécois n’est même pas encore élu que le Québec replonge déjà dans une campagne référendaire. Êtes-vous prêts à célébrer ? Le 20 mai prochain marquera le 45ᵉ anniversaire du premier référendum au Québec.
Laissez-moi vous raconter. En 1980, lors du premier référendum, je venais d’avoir 18 ans. Pour nous, jeunes étudiants, la souveraineté du Québec représentait un idéal, un projet de société, un but. En 1980, nous avions vécu les Jeux olympiques de Montréal, la mise en service du premier barrage de la Baie-James. Les Canadiens qui venaient de conclure une dynastie incroyable avec quatre coupes Stanley consécutives, et Harmonium, Beau Dommage et Offenbach réveillaient notre culture. Wow ! Nous étions fiers d’être Québécois. Après la défaite, René Lévesque a tenté de revenir à la table des négociations avec le reste du Canada, mais s'est finalement retrouvé isolé lorsque Ottawa a signé une entente avec neuf provinces pour le rapatriement de la Constitution.
Le deuxième référendum de 1995 a fait suite aux échecs des accords du lac Meech et de Charlottetown. Il s'agissait alors de trouver des accommodements satisfaisants pour permettre au Québec d’adhérer à la Constitution canadienne. Les Québécois se sont sentis rejetés par le reste du pays, ce qui s’est traduit par une montée du sentiment indépendantiste.
Malgré les sondages qui indiquent clairement que la majorité des Québécois sont contre la tenue d’un autre référendum, les politiciens vont faire campagne. Comme société, nous allons dépenser tellement d’énergie, de temps et d’argent dans ce débat que l’essentiel sera mis de côté. Le prochain gouvernement devrait plutôt s’occuper des véritables priorités pour le bien-être des citoyens : l’inflation, le réseau de la santé, l’éducation, l’économie, l’itinérance, la pauvreté… la liste est longue. Depuis des décennies, nos élus y travaillent, mais avouons que les résultats sont plutôt décevants.
Les prochains mois risquent d’être longs et pénibles, car le projet de souveraineté du Québec divisera encore une fois les Québécois. Dire que ce débat va créer de l’incertitude et diviser des familles n’est pas une tentative de faire peur à la population ; c’est la réalité qui s’est vécue en 1980 et 1995. Nous serons inondés de chiffres pour tenter de nous convaincre de rester Canadiens ou de faire du Québec un pays.
Soyons honnêtes : le monde et le Canada ont changé. Le Québec d’aujourd’hui est riche d'une diversité culturelle qui ne se reconnaît pas nécessairement dans les vieilles querelles constitutionnelles. Pourquoi la souveraineté serait-elle aujourd’hui la solution aux différends des années 80 et 90 ? Oui, la fédération canadienne ne sera jamais parfaite, mais le Canada n’est pas responsable de tous les problèmes que nous avons au Québec.
Je sais que les échanges ne seront pas toujours respectueux ; c’est déjà commencé. Accuser ceux qui remettent en question le projet souverainiste de vouloir faire peur aux Québécois est trop simpliste. Monsieur Plamondon, donnez plutôt des réponses à nos interrogations. Oui, en 1980 et en 1995, j’ai voté pour le OUI, mais aujourd’hui, je suis de ceux qui croient que ce projet d’une autre époque ne correspond plus à la réalité de 2026.