Personne n’a été surpris d’apprendre le congédiement du directeur général de la ville de Saguenay, Gabriel Rioux. Après la cuisante défaite de l’ex-mairesse, Julie Dufour, il était clair que les jours à la direction du plus haut cadre de la ville étaient comptés.
La surprise vient plutôt de l’entente concernant son indemnité de départ. Plus de 730 000 $ semble un peu exagéré comme le suggère le conseiller, Serge Gaudreault, en référant au contrat de Rioux. Ce directeur général, au fil du temps, a vu son salaire grimper à 260 000 $ annuellement avec l’indexation. Cette entente prend fin seulement en octobre 2027. Signée par l’administration Dufour, elle lui accordait aussi la part accumulée de son fonds de pension.
Après les échecs essuyés par Saguenay devant les tribunaux administratifs, à la suite de congédiements de cadres, on comprend que le conseil de ville actuel se soit montré prudent avant de se départir d’un haut dirigeant qui ne cadre plus dans le décor. Somme toute, on peut dire que M. Rioux a gagné le million Tanguay sans même avoir acheté un seul pot de chambre.
Embauche questionnable
Dès le départ, son embauche a suscité nombre de questionnements. L’ex-DG de la MRC de Drummondville, congédié là-bas à la suite d’un diagnostic organisationnel, s’entendait à merveille avec la mairesse Dufour, mais pas vraiment avec une partie des membres de la fonction publique municipale.
C’est lui, rappelons-le, qui a fomenté le départ de l’ex-greffière, Caroline Dion, qui vient d’être dédommagée avec près de 1,5 million $ pour congédiement abusif. C’est lui aussi qui avait commandé le désormais célèbre avis juridique pour le Comité exécutif de la ville. Un avis juridique accordant le paiement des dépenses judiciaires à la mairesse Dufour, une décision dépassant déjà les 100 000 $.
Doubler les DG
Dès l’embauche de Gabriel Rioux, les journalistes ont tenté d’en savoir plus sur le nouveau venu. Pour toute explication, on nous répondait qu’il contestait son congédiement comme DG de Drummondville et que la cause était entendue devant un tribunal administratif.
Mais l’ultime question était de savoir pourquoi la mairesse et les conseillers voulaient embaucher un nouveau DG alors que la ville en avait déjà un en place qui coûtait 250 000 $ par année? On nous a répondu que celui en place n’était pas congédié, mais déplacé vers Promotion Saguenay avec son plein salaire et ses bénéfices marginaux.
Sans compter qu’on ajoutait, en plus du DG Rioux, un nouveau directeur général adjoint à 180 000 $ annuellement.
Freiner les dépenses
Le choix d’une directrice adjointe pour remplacer le DG constitue un bel exemple de gestion efficace même si on paie encore deux salaires jusqu’en octobre 2027. Non seulement elle connaît déjà le fonctionnement de la machine administrative, mais elle vient d’un milieu qu’elle connaît bien.
À ce changement de garde, Luc Boivin ajoute la disparition de postes de cadres et le non-renouvellement de départs à la retraite. Une décision qui nous laisse présager que le nouveau conseil de ville est sur la bonne voie et que la gestion des ressources devient prioritaire pour soulager le payeur de taxes de toutes ces dépenses superflues.