Culture

Temps de lecture : 1 min 47 s

Godpèle

Un roman écrit dans une langue qui n’existe pas encore

Le 04 novembre 2025 — Modifié à 15 h 01 min le 03 novembre 2025
Par Charles-Antoine Desmeules - Journaliste

Le roman d’anticipation Godpèle de l’auteur et professeur au Cégep de Jonquière, Gabriel Marcoux-Chabot, est maintenant disponible dans plusieurs librairies du Québec. Près de dix ans de travail auront été nécessaires à l’aboutissement de ce projet littéraire, considéré par l’auteur comme étant la plus aboutie et la plus complète de ses œuvres.

Au fil des pages, le lecteur découvre les écrits d’une femme dénommée La Floune et qui lutte pour sa survie après avoir quitté sa communauté, les Godpèles.

Les Godpèles ont pour leur part quitté les restes d’un ancien monde afin de poursuivre l’hiver et de pratiquer ce qui est devenu le cœur de leur identité : la sculpture sur neige.

« C’est un roman qui se penche sur la fragilité de l’être humain, de la culture et du monde dans lequel on vit. Pour les Godpèles, si la neige disparaît, leur culture aussi. Que doivent-ils donc faire? », décrit Gabriel Marcoux-Chabot.

Langue

Dans cette vision du monde, le français tel qu’on le connaît n’existe plus et laisse place à une variante issue principalement de l’oral.

Sur chaque page de gauche, on retrouve la version originale du texte telle que La Floune l’a écrite, tandis que sur la page de droite, on retrouve une traduction du texte dans un français conventionnel.

Cette mise en page était, pour M. Chabot, une manière de conserver l’originalité de son roman tout en le rendant accessible à quiconque souhaite plonger dans cet univers.

« J’aime, comme auteur, pouvoir pousser une forme et expérimenter, mais je ne veux pas obliger le lecteur à le faire. On peut donc découvrir le livre comme bon nous semble. Quelqu’un qui lit juste la page de droite n’a pas accès à toutes les sonorités, mais l’histoire est là. Quelqu’un qui décide de s’essayer à lire la page de gauche verra qu’au début c’est étrange, mais qu’on s’y habitue et qu’on finit même par l’apprécier. »

Durant sa création, Gabriel Marcoux-Chabot a écrit l’entièreté de son roman dans la langue des Godpèles, pour ensuite procéder à sa traduction un an avant de publier son ouvrage.

Travail de fond

L’un des objectifs de l’auteur était également que ce roman de fiction en soit un aussi réaliste que possible.

Pour ce faire, M. Chabot a collaboré avec plusieurs spécialistes, tels que la sociolinguiste Anne-Marie Beaudoin pour imaginer à quoi ressemblerait le français parlé du futur, le biologiste et spécialiste des changements climatiques Claude Villeneuve, qui a conçu une ligne du temps reliant l’époque actuelle à celle des Godpèles, ainsi que le géographe Marc Mercier, qui a de son côté partagé ses connaissances et ses documentations sur les monts Otish.

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