Le nombre d’éleveurs de poulets a augmenté cette année dans la région et pourrait même doubler d’ici deux ans selon les Éleveurs de volailles du Québec. Un nouveau producteur s’est récemment lancé sur le marché à Saint-Prime et trois autres devraient suivre.
En 2025, environ 2,5 millions de poulets ont été produits régionalement, représentant 6,4 millions de kilos et une valeur estimée à 13 millions de dollars. En 2027, 5 millions de poulets devraient avoir été élevés au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Cette croissance a été rendue possible par la fusion de zone réglementaire qui a permis à des agriculteurs de la région d’obtenir de nouveaux quotas dans le cadre du système centralisé de vente aux enchères, explique le président des Éleveurs de volailles, Benoit Fontaine.
« Les gens de la région m’ont écrit pour me dire qu’ils étaient oubliés et qu’ils ne pouvaient pas se procurer de contingents. J’ai trouvé la situation aberrante », explique-t-il.
Des démarches ont donc été entreprises auprès de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec afin de corriger la situation et lever certains freins à l’accès aux quotas.
« La région a été fusionnée avec celle de l’Est-du-Québec. Ça a permis aux producteurs d’ici de participer aux enchères », précise Benoit Fontaine.
Des quotas d’Exceldor
Un autre élément déterminant a été la mise en vente des quotas d’une importante entreprise de transformation, Exceldor. Cette opportunité a permis à des agriculteurs de la région d’acquérir des parts et de lancer ou d’agrandir leur production.
Plusieurs projets sont déjà en cours, certains producteurs étant en construction ou en attente de permis.
Dans la majorité des cas, l’élevage de poulet vient diversifier les activités agricoles existantes plutôt que les remplacer, souligne le président des Éleveurs de volailles.
« C’est souvent un ajout à la production de la ferme », indique-t-il.
En plus des retombées économiques liées à l’arrivée de ces nouveaux producteurs, l’activité comporte aussi des avantages pour le milieu selon lui, notamment grâce au fumier de poulet, reconnu pour enrichir les terres agricoles.
Si le démarrage d’un élevage nécessite des investissements importants et des autorisations réglementaires, notamment environnementales, qui peuvent prendre jusqu’à 14 mois, le métier demeure accessible, estime Benoit Fontaine, lui-même un éleveur de poulets.
« Ça s’apprend bien. Si on aime les animaux, les oiseaux nous parlent. Par exemple, s’ils se regroupent, c’est qu’ils ont froid. »
Une filière en expansion
À l’échelle provinciale, la filière avicole est en pleine expansion.
« En deux ans, on a ajouté 40 nouveaux producteurs au Québec. On est rendus à 622 producteurs, et aucune autre production n’a connu une telle croissance », affirme Benoit Fontaine.
Cette popularité s’appuie sur une forte demande. Le poulet est la protéine la plus consommée au pays, avec une moyenne de 35,1 kilos par personne par année, soit plus du tiers des protéines consommées.
« C’est une protéine intergénérationnelle, qui répond aussi aux habitudes de certains nouveaux arrivants qui ne consomment pas de porc ou de bœuf », note-t-il.
Alors que de nouvelles enchères de quotas sont à prévoir, les perspectives demeurent positives pour la région.
« Ce n’est pas terminé. On pourrait même tripler la production. Et contrairement à d’autres productions agricoles, le poulet fait consensus », conclut le président des Éleveurs de volailles.