En 2005, quand le président de la Véloroute des bleuets, Jean-Claude Lindsay, s’est présenté à l’hôtel de ville de Saguenay pour y solliciter une participation financière de la métropole régionale, bien peu de gens du Lac (Lac-Saint-Jean) croyaient au succès de la démarche. Il est tout de même reparti avec un chèque de 50 000 $ en guise de contribution de Saguenay au développement de ce moteur économique, en avance sur la tendance qui s’annonçait en faveur du cyclotourisme.
La participation de Saguenay au développement de la Véloroute des bleuets sensibilisait l’ensemble des municipalités saguenéennes à l’opportunité d’enrichir leur offre touristique. Les différents paliers de gouvernement y ont accordé d’importantes subventions et les municipalités jeannoises ont fait le reste en raccordant leurs propres circuits à ce grand train de sentiers encerclant le magnifique lac Saint-Jean.
La route verte
Puis il y a eu l’épisode de la route verte, qui visait à relier les routes cyclables de tout le Québec, dont celle du Lac et du Saguenay. Cette dernière, qui s’est fait connaître par l’athlète jeannois Pierre Lavoie, couvre les deux rives de la rivière Saguenay à travers les paysages montagneux, jusqu’à Charlevoix ou la Côte-Nord. Ce concept européen adapté au Québec expose notre coin de pays à travers le monde. Même Air France en fait la promotion dans ses publications attachées aux sièges de ses avions.
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Le chroniqueur du 92,5 spécialiste de la politique américaine, Guillaume Lavoie, grand amateur de cyclotourisme, participait récemment à Alma à l’événement « Sommet vélo 2026 » à titre de conférencier. Il a mis en lumière tout le potentiel économique du vélo, notamment au chapitre des infrastructures et du tourisme.
De récentes statistiques lui donnent raison. Une étude de la Chaire de tourisme de l’UQAM révèle que le tourisme à vélo génère plus de 800 millions de dollars de dépenses touristiques par année au Québec. On y découvre que la valeur ajoutée au PIB du Québec est de 467 millions, plus que celles des dépenses de touristes de croisière, évaluées à 330 millions.
Évolution du vélo
De nos jours, le cyclotourisme prend diverses formes, tout comme son offre touristique. Vélo de montagne, vélo de gravelle, vélo de route, vélo d’hiver (fat bike) et de plus en plus de vélos à assistance électrique qui attirent une nouvelle clientèle plus âgée.
De nos jours, les cyclistes planifient leurs vacances en fonction des services qu’on leur offre. Comme on l’a démontré au récent sommet patronné par Nutrinor, la pratique du vélo joue aussi un rôle environnemental exceptionnel par la compensation des émissions de gaz à effet de serre.
Concertation vs chauvinisme
Chez nous, il aura fallu une concertation régionale au sommet économique de 1984 pour imposer ce qu’on a appelé la Véloroute des bleuets. En dépit des batailles de clocher et des divergences empreintes de chauvinisme qui jalonnent notre histoire, aujourd’hui tout le monde s’accorde pour reconnaître l’apport indispensable du cyclisme, non seulement dans le domaine économique, mais dans celui de la santé et du tourisme.