Alors que les prix des maisons poursuivent leur ascension au Québec, Québec solidaire promet d’intervenir pour freiner la surchauffe du marché immobilier s’il forme le prochain gouvernement.
Le parti de gauche affirme vouloir soutenir les premiers acheteurs en s’attaquant directement aux surenchères immobilières, qu’il juge responsables d’une hausse artificielle des prix.
« Derrière les chiffres de surenchère qu'on lit dans les journaux, il y a des gens qui ont tout fait comme il faut et qui se retrouvent quand même exclus du marché. J'ai entendu l'histoire d'une jeune famille qui a dû payer 20 % de plus que le prix affiché pour acheter. », a déclaré le porte-parole de Québec solidaire Sol Zanetti.
Pour rendre le marché plus transparent, Québec solidaire propose notamment de mettre fin aux surenchères à l’aveugle, un mécanisme par lequel les acheteurs déposent des offres sans connaître celles des autres participants. Le parti souhaite également plafonner la commission des courtiers immobiliers en la calculant sur le prix affiché plutôt que sur le prix de vente final, afin de réduire les incitatifs à la surenchère.
« Acheter une maison, c'est la plus grosse transaction d'une vie. C'est une décision qui devrait être prise avec toute l'information disponible, sans pression inutile qui tire les prix vers le haut. Pourtant, j'entends des histoires scandaleuses de familles qui ont surenchéri des dizaines de milliers de dollars sous la pression de leur courtier, alors qu'ils étaient les seuls à faire une offre. » a affirmé Ruba Ghazal, cheffe parlementaire de Québec solidaire.
Candidate au poste de première ministre pour l’élection générale du 5 octobre prochain, Ruba Ghazal soutient que les propositions de Québec solidaire permettraient de rétablir davantage de transparence et d’équité dans un marché qui pousse les acheteurs à surpayer par crainte de voir leur offre rejetée. Elle estime par ailleurs que la mesure fiscale annoncée cette semaine par la première ministre Christine Fréchette est insuffisante pour répondre à la crise d’accessibilité.
« Les premiers acheteurs ont besoin de toute l'aide disponible, et rembourser la taxe de bienvenue sera insuffisant si les prix continuent d'être tirés vers le haut par les surenchères à l'aveugle. », a‑t‑elle ajouté.
Québec solidaire interpelle également la nouvelle ministre de l’Habitation, Karine Boivin‑Roy, afin qu’elle passe à l’action. Le parti rappelle que les surenchères à l’aveugle ont déjà été abolies dans plusieurs États, notamment en Australie, en Nouvelle‑Zélande et dans certains États américains.
« Rembourser les taxes de bienvenue peut aider à court terme, mais ça ne réduit pas la surchauffe. Mme Fréchette, rembourser 5000$ en taxe de bienvenue me semble peu pour les familles qui ont inutilement dû mettre 30 000$ de plus en surenchère à cause d'un marché hors de contrôle! Mme Boivin-Roy, le logement, c'est plus qu'une marchandise, et le rôle de l'État, c'est de protéger les citoyens contre la spéculation, pas de la faciliter. », a conclu le responsable du parti en matière d'Habitation, Andrés Fontecilla.