Après les deux représentations régionales de son nouveau spectacle à succès « Seul(s) comme nous », la compagnie de création en danse Ballet Synergie compte bien enflammer le parquet de l’Anglicane de Lévis le 17 avril, à 19h30, avec une version écourtée de l’œuvre.
Le directeur artistique de Ballet Synergie, Jean-Daniel Bouchard, se remet à peine de la réponse positive du public qui s’est dégagée des soirées du 24 janvier au Théâtre Palace Arvida, et du 30 janvier au Comité des Spectacles de Dolbeau-Mistassini.
« La réponse du public a été extrêmement touchante. On sentait une écoute très attentive dans la salle, un silence chargé, puis une vague d’émotions à la fin. Plusieurs personnes sont venues nous voir après le spectacle pour partager ce qu’elles avaient ressenti, parfois avec des mots très personnels. Pour nous, c’est le plus beau des retours : sentir que l’œuvre a réellement rejoint les gens, qu’elle a provoqué quelque chose au-delà de la performance », laisse savoir celui qui signe la chorégraphie aux côtés de Cai Glover.
Deux ans de travail acharné et un financement de la part du Conseil des arts du Canada se sont avérés nécessaires pour que le projet puisse voir le jour.
« Moi et Cai, on a commencé à penser au projet quand l'IA générative était en plein essor en 2023. On s'était dit que ce serait cool de faire un ballet post-apocalyptique, par rapport au fait que l'IA ait pris le dessus et lancé toutes les bombes nucléaires pour ensuite envouter les humains survivants dans un monde virtuel parfait, qui ferait en sorte qu'ils ne voudraient pas revenir dans le vrai monde ». Un mélange entre la Matrice et Terminator, raconte M. Bouchard. « La protagoniste, qui est représentée par une comédienne et danseuse interprète, devra choisir entre le vrai brute, frappant, émotif ou le faux virtuel réconfortant, engourdie, trop parfait », explique-t-il.
Le spectacle est porté par 15 danseurs de la relève. Le rôle principal, initialement campé par la danseuse Sarah Vaillancourt Tremblay, a finalement été assuré par la Jeannoise Anaëlle Carette, récemment diplômée de l’École supérieure de ballet du Québec.
« Anaëlle, celle qui remplace la danseuse principale qui s'est blessée en novembre, reste présentement à Montréal, car elle vient de terminer sa formation. Elle dansera aussi dans le nouveau lac des cygnes des Grands Ballets Canadiens. »
La lumière dans l’ombre
La chorégraphie est soutenue par le théâtre et l’écriture sensible de l’auteur Keven Girard. Quant au ballet, il est très physique, parfois « brute », au sens de Jean-Daniel Bouchard.
« On parle de corps souvent en résistance, en chute ou en survie. Mais il y a aussi beaucoup de douceur et de soutien entre les interprètes. La noirceur du sujet est contrebalancée par des gestes de solidarité, des portés, des contacts humains forts, qui rappellent que même dans l’adversité, il existe une possibilité de lumière », ajoute-t-il.
« Seul(s) comme nous » se transportera donc, dans les prochains mois, à l’extérieur de la région. Le directeur artistique aimerait grandement que d’autres opportunités de ce genre puissent se présenter à la compagnie.
« Je vais travailler fort pour que ce spectacle fasse peut-être le tour du Québec. Ce serait un rêve! »