Vendredi, 20 février 2026

Chroniques

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Le début de la fin ?

Le 18 septembre 2025 — Modifié à 15 h 34 min le 16 septembre 2025
Par VINCENT GOSSELIN

Une odeur de fin de régime se fait sentir à Québec. Et ce n’est pas faute pour François Legault d’essayer de la disperser avec un remaniement ministériel majeur et de nouvelles (vieilles) orientations qui rappellent la fondation du parti et les années de l’ADQ. 

Une preuve de l’usure du pouvoir, ce sont les langues qui commencent à se délier. Des députés du caucus gouvernemental expriment de plus en plus leur mécontentement et leurs frustrations. Des « sources » dans l’entourage des ministres se permettent de divulguer des informations plus librement aux journalistes. Ce n’est pas un hasard si presque tous les changements apportés au Conseil des ministres ont fuité dans les médias avant l’annonce du premier ministre. 

Des frictions publiques 

Un remaniement fait toujours des malheureux chez les élus qui n’ont pas été choisis. Cette fois, les mécontents se sont exprimés avant même de connaître les choix de François Legault. D’abord, Pierre Dufour, un député de l’Abitibi-Témiscamingue, réclamait qu’un ministre soit nommé dans sa région, comme un ultimatum. Le chef n’a pas tempéré sa réaction : Pierre Dufour a été renvoyé du caucus de la CAQ, ni plus ni moins. 

Et puis il y a eu François Bonnardel, dont l’exclusion du Cabinet a été ébruitée la veille du remaniement. Le principal intéressé, pourtant un allié de longue date de François Legault, s’est dit déçu. Des critiques ont aussi été formulées par l’ancienne ministre Maïté Blanchette Vézina et son collègue de Gaspé, Stéphane Sainte-Croix. Que des députés de régions qui ont appuyé la CAQ et le PQ en 2022 questionnent les décisions de leur chef est le signe avant-coureur qu’ils sentent la défaite poindre dans leur circonscription. 

Un air de déjà-vu 

La liste des caquistes déçus qui s’allonge n’est pas une bonne nouvelle pour le premier ministre. Elle rappelle la dynamique au Parti libéral fédéral avant le départ de Justin Trudeau en janvier. Un remaniement avait mal tourné en décembre avec la sortie fracassante de son ancien bras droit, Chrystia Freeland. 

Il n’en avait pas fallu davantage pour que bon nombre de députés, notamment de l'Atlantique, se fassent entendre et réclament la démission du chef libéral. François Legault n’a pas atteint le point de non-retour franchi par Justin Trudeau, mais il devra se questionner à juste titre sur son avenir politique dans les prochains mois. Même s’il martèle sur toutes les tribunes qu’il sera de la prochaine élection, il pourrait ne pas vouloir mener la CAQ à sa perte, car le parti qu’il a fondé en 2011 pourrait ressortir du prochain scrutin complètement rayé de la carte à en croire certaines projections. 

Tout n’est pas encore perdu pour François Legault. Mais si l’on dit que l’histoire semble se répéter, le premier ministre doit probablement prier pour que la défaite cuisante dans Arthabaska ne soit pas son Toronto–St. Paul's, qui avait sonné le début de la fin de l’ère Trudeau. Qu’en sera-t-il de Chicoutimi? Une autre élection partielle cruciale devra être déclenchée d’ici six mois… et notre région donnera le ton. 

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