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Orphelinat de l’Immaculée-Conception

Une victime présumé d'abus rouvre un pan douloureux de son passé

Le 24 avril 2026 — Modifié à 07 h 24 min
Par André Deschênes - CKAJ 92,5

Une demande d'autorisation d’exercer une action collective a été déposée le 10 mars en Cour supérieure pour indemniser les enfants, qui auraient subi des sévices par les membres de communautés religieuses à l'Orphelinat de l’Immaculée-Conception, à Chicoutimi.

Une de ces victimes présumées de sévices s’est confiée jeudi à l’émission Réveillez-vous diffusée au 92,5 ma radio d’Ici. Elle parle d'abus sexuels, d'agressions et de vols de cadeaux que ses parents lui apportaient à l’orphelinat.

« Nous, chez nous, nous étions pauvres. Puis on a été enlevés à notre mère pour se remasser les quatre garçons à l'orphelinat, ici à Chicoutimi. Ça a été très dur pour moi. On servait la messe, on travaillait à la buanderie, on travaillait à faire les déjeuners et on travaillait à entretenir les toilettes. Nous étions des enfants et nous travaillions. Ça, c'est en plus des attouchements sexuels. », s'est confié M. Noël.

L’homme a raconté être allé servir la messe, et selon ses dires, les apprentis prêtres de l’époque se livraient sur lui et les autres enfants de l’orphelinat à des attouchements. Et quand il a voulu dénoncer à la directrice, on lui imposait le silence de manière brutale. 

« Ils nous ont envoyé servir la messe au grand séminaire qu'ils appelaient. Puis là, quand nous aillions dire ça à la directrice, elle nous accueillait avec une « strappe » de cuir, le style de « strappe » de cuir de barbier. Elle nous claquait ça dans le bas du dos, sur les fesses, dans le bas des reins, puis sur les mains. », explique-t-il.

L’homme avoue aussi avoir été victime d’agressions sexuelles par l’abbé feu Paul-André Harvey, reconnu coupable d’agressions sexuelles et décédé en prison. La victime dit s’y être prise trop tard, étant loin de la région à ce moment-là, pour participer au recours collectif qui a indemnisé ses victimes. 

« Le curé qui est passé à la télévision, je l'ai reconnu, mais j'ai fait la demande trop tard. Je ne trouvais personne parce que je ne suis pas de la région. Je ne trouvais personne pour m'aider à communiquer avec eux pour avoir une compensation. », dit-il.

Au fil de son témoignage, l’homme raconte aussi avoir été sollicité en pleine nuit pour rendre des services sexuels à la religieuse responsable du dortoir. Puis avoir aussi été agressé sexuellement dans d’autres villes où il a déménagé.

« Ça m'a emmené dans la dope, dans la misère noire. J'ai essayé pendant 20 ans, j'ai consommé de l'héroïne, de la cocaïne, du dilaudid et de la morphine. J'ai arrêté en 1991, j'ai recommencé il y a 5 ans. Là, ça fait 2 ans que je suis sobre. Je prends aucun médicament pour la douleur, pour la dépression, pour dormir, j'ai peur de ça. », mentionne-t-il la voix en sanglot.

L’’homme, qui s’est réhabilité du mieux qu’il pouvait depuis, espère maintenant des jours meilleurs, tout en avouant souvent conserver une crainte et une méfiance des gens qui l’entourent. Il cherche d’ailleurs un auteur pour écrire son histoire. Et il s’est inscrit au recours collectif intenté contre les religieux et religieuses et les laïcs qui ont œuvré au sein des Petites Franciscaines de Marie.

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