À l’heure où les enjeux de santé mentale occupent de plus en plus l’espace public, les préjugés, eux, ont la vie dure. Faustine Passeau concède que bien que le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne manque pas de ressources en cette matière, la stigmatisation demeure un frein majeur pour celles et ceux qui cherchent de l’aide.
« Chaque municipalité, ou presque, dans la région, possède une ressource en santé mentale, donc je ne crois pas qu’on soit en manque nécessairement. Le problème, je trouve, réside dans l’image qui est toujours collée aux sujets de l’itinérance et de la santé mentale globalement », souligne-t-elle.
Les principaux jugements sont dirigés vers le centre de jour, qu’opère le Centre Le Phare, dénote la principale intéressée.
« Les gens ont encore l’impression, lorsqu’ils viennent au centre de jour, qu’ils vont trouver des gens complètement fous, qui sont en train de se baver dessus ou de se taper. Oui, c’est encore une image qui est véhiculée. Ce qui fait que certaines personnes, vivant avec la dépression ou de l’anxiété, préfèrent tourner autour de leur table et s’enfoncer plutôt que de venir dans des ressources comme la nôtre pour avoir de l’aide. »
Mme Passeau croit qu’un travail collectif, en tant que société, doit être effectué pour déstigmatisé les enjeux de santé mentale.
« Aujourd’hui, c’est tout le monde, de près ou de loin, qui est touché par ça. Par la santé mentale, on ne parle pas que de schizophrénie ou de bipolarité, mais aussi de l’anxiété, qui peut vous amener dans des troubles très graves », émet-elle.
L’équipe du Centre Le Phare met les bouchées doubles, à chaque année, pour faire taire les tabous autour de ces problématiques.
« On va faire des présentations dans des écoles, au sein d’entreprises régionales. On essaie d’attirer les personnes si elles ont des besoins, donc on peut vraiment leur apporter quelque chose de différent, mais les changements de mentalité, on les voit petit à petit », affirme-t-elle.
Des services appréciés
L’accompagnement offert par le centre baieriverain est très apprécié par la clientèle usant des différents services disponibles, aux dires de la directrice générale.
« La clientèle, ce qu’elle aime lorsqu’elle est hébergée chez nous, c’est de sentir qu’on ne la force pas. On est là pour les accompagner dans leurs besoins et je dirais que c’est là où on obtient le plus de résultats, parce que les gens se sentent respectés. La notion du respect, surtout envers une population marginalisée, ce n’est pas acquis. »