Mercredi, 28 février 2024

Économie

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Courtiers de talents : Un passage obligé pour beaucoup d’entreprises

Le 04 octobre 2022 — Modifié à 14 h 08 min le 04 octobre 2022
Par Mélyna Girard

Courtiers de talents : Un passage obligé pour beaucoup d’entreprises

Maintenant plus que jamais, les entreprises doivent se montrer astucieuses dans leurs stratégies de recrutement. Rareté de main-d’œuvre oblige, nombreuses sont celles qui font dorénavant appel aux services de courtiers de talents tels que Lana Pedneault.

C’est par la force des choses que Lana Pedneault, auparavant consultante et formatrice en marketing à Saguenay, s’est progressivement spécialisée en recrutement sur les réseaux sociaux.

« Fin 2018, début 2019, il commençait déjà à y avoir des petites problématiques de recrutement. Alors, c’est à leur demande [entreprises] que j’ai commencé à m’intéresser au phénomène du recrutement sur les médias sociaux, une technique qui était utilisée par les grandes agences que je voulais offrir à des clients, comme des PME ou des manufacturiers de moins grande échelle, qui n’avaient pas nécessairement les moyens de s’offrir une grande agence pour leur recrutement, mais qui, malgré tout, avaient des besoins. »

Lana Pedneault est aujourd’hui courtière de talents. Une profession de plus en plus demandée alors que le taux de chômage au Québec s’établissait à 3,9% en avril 2022, le plus faible taux jamais enregistré dans la province. En septembre 2022 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, seulement 3,6% de la population active était à la recherche d’un emploi, ce qui y rend le recrutement encore plus difficile, affirme-t-elle.

Contrairement à d’autres, Lana Pedneault opère spécifiquement à partir des réseaux sociaux « pour rendre ses clients beaucoup plus attractifs beaucoup plus rapidement, mais aussi pour fidéliser leurs talents, et donc favoriser leur rétention. »

Campagnes de recrutement

Lana Pedneault travaille notamment à l’élaboration de campagnes de recrutement qu’elle déploie sur les différentes plateformes de publication afin « d’attirer l’attention des personnes qui sont à la recherche d’un emploi, ou non, et de leur offrir une nouvelle opportunité professionnelle. »

La première étape de sa démarche consistera à bien comprendre le fonctionnement de ses entreprises clientes.

« Je dois d’abord être capable de me mettre dans la peau du futur candidat que je vais aller recruter dans ma campagne. Ensuite, je vais aller rédiger une publication d’emploi qui n’est pas un affichage d’emploi à proprement dire ni un contrat de travail. »

À la différence de ce que l’on peut retrouver sur les sites de recherche d’emplois traditionnels, la publication d’emploi imaginée par Lana Pedneault ne se résumera pas à une simple description de tâches.

La courtière de talents s’appuiera plutôt sur des méthodes empruntées au marketing, comme le « storytelling », qui « consiste à raconter des histoires afin de promouvoir la vente d'un produit ou d'améliorer l'image de marque ».

Grâce à une structure narrative bien définie, explique Lana Pedneault, le « storytelling » permettra de capter plus facilement l'attention des cibles.

« Souvent, j’entends les candidats me dire : Lana, je me suis tellement reconnu dans cette offre d’emploi-là. C’est ça que je veux, j’ai vraiment apprécié, c’est ce point-là qui est venu me chercher. »

Chasse de têtes

Lana Pedneault décroche également des contrats à titre de chasseuse de têtes. Plus ciblée, la chasse de têtes s’avère parfois nécessaire afin de pourvoir des postes clés, comme ceux de directeurs financiers, de directeurs hôteliers ou d’ingénieurs concepteurs.

« Il n’y en a pas de chercheurs d’emplois dans ces domaines-là, donc il faut rejoindre des chercheurs non-actifs, des chercheurs passifs comme on dit. Ce sont des gens ouverts, mais qui ne savent pas qu’ils cherchent. Il faut vraiment aller les charmer, réussir à aller chercher leur attention avec un message bien précis. »

Lana Pedneault soutient que la chasse de têtes est souvent un processus de longue haleine.

« Par exemple, quand on passe par LinkedIn, ça peut prendre jusqu’à plusieurs mois avant d’avoir une réponse. Il faut être très patient et persévérant, et vraiment user de nos forces en communication pour susciter leur intérêt. »

Succès

Que ce soit dans le cadre de campagnes de recrutement ou de chasses de têtes, les techniques de Lana Pedneault ont fait leurs preuves.

« Pour 2022, j’ai une moyenne de temps de recrutement de 20 jours », et ce, pour des clients qui étaient parfois à la recherche depuis plus d’un an.

La courtière de talents de Saguenay précise que « les entreprises où j’ai le plus de succès, ce sont celles qui me font entièrement confiance, qui me donnent carte blanche, qui me laissent travailler leur marque employeur et leur culture et qui me permettent d’avoir un budget publicitaire pour atteindre les objectifs. »

 

Le Cahier EntrePreneurs est une initiative de Trium Médias, en collaboration avec le journal Les Affaires. Dans les éditions trimestrielles (avril, juin, septembre et novembre) se trouveront des articles touchant directement les enjeux et défis du monde des affaires.

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