Chroniques

Temps de lecture : 1 min 50 s

Ma bibliothèque a un accent

Le 28 août 2025 — Modifié à 16 h 19 min le 27 août 2025
Par Stéphanie Gagnon

Chaque 12 août, on nous invite à acheter un livre québécois, et je trouve l’initiative formidable. Les librairies regorgent ce jour-là de lecteurs enthousiastes et de discussions qui donnent envie de repartir avec un sac bien plus lourd qu’on avait prévu. Mais pour moi, le plaisir de lire québécois ne se limite pas à un seul carré de calendrier. C’est une habitude qui s’étire à l’année. 

La littérature d’ici a ce pouvoir unique de nous tendre un miroir qui nous ressemble. Lire un auteur québécois, c’est souvent se lire un peu soi-même, et c’est peut-être pour ça que ça me touche autant. 

Cette année encore, j’ai fait de belles découvertes. Des voix qui m’ont fait rire, réfléchir, voyager, parfois pleurer. Des histoires qui m’ont collé aux doigts. 

Alors, si le 12 août m’a rappelé de retourner à la librairie, c’est surtout mes coups de cœur à l’année qui m’ont tenue fidèle aux rayons québécois. 

Voici trois livres qui m’ont marquée, chacun à leur façon. Ils ne sont pas en ordre. Je les ai tous aimés pour différentes raisons.  

1- Sirop de poteau, de Francis Ouellette, VLB Éditeurs, 2025 

C’est le deuxième livre de l’auteur, et on reste dans le même univers que son premier roman Mélasse de fantaisie (je profite de cette tribune pour demander à qui c’est que je l’ai prêté, m’en souviens pu et j’aimerais grandement le ravoir). Moins dur mais aussi touchant, on y décrit le parcours de Frigo, un « robineux lumineux » qui a arpenté les rues du centre-sud à Montréal et qui a touché de près ou de loin ceux qui y ont vécu. Je sors de cette lecture avec un regard différent, plus sensible, sur l’itinérance.  

2- Le chien de meurt pas à la fin, Joël Martel, La Mèche, 2025

Je ne connais pas Joël Martel autrement que par ricochet, mais en le lisant, j’ai eu l’impression de retrouver un bon chum. Il y a dans ce livre une générosité désarmante: ouvrir des pans entiers de sa vie à travers les chats et chiens qui l’ont ponctuée, c’est doux, simple, profondément humain. Je m’y suis reconnue facilement, même si j’hais vraiment beaucoup les chats. 

3- La mère des larves, de Maude Jarry, Les Éditions de ta mère 2025 

C’est l’histoire de Sarah, technicienne en santé animale, qui se retrouve soudainement prise pour cible… Par les chats. Derrière cette prémisse intrigante se cache une trame beaucoup plus profonde et encore trop taboue: celle de la légitimité des femmes qui choisissent de ne pas avoir d’enfants.  

Vous savez, c’est pas juste à la Saint-Valentin, qu’on doit aimer. Même chose avec les livres québécois. Ne vous limitez pas au 12 août, chérissez-les à l’année! 

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 7h00

« Nous sommes tous du Lac »

« Je suis originaire du Lac-St-Jean! » Ces quelques mots prononcés à l’intention d’un Montréalais qui s’informait de l’origine de mon accent ont mis mon paternel en beau pétard. « Tu ne viens pas du Lac, tu viens du Saguenay » s’est-il empressé de me sermonner aussitôt l’individu distancé. J’ai dû lui expliquer qu’après plus de vingt années en « ...

Publié hier à 10h30

Une autre saga pour les Marquis

Le hockey sénior québécois est rempli d'anecdotes depuis sa création il y a 30 ans. À commencer par les joueurs en passant par les directeurs, propriétaires et partisans. Écrire un livre sur l'histoire de cette ligue comprendrait plusieurs chapitres et celui des Marquis de Jonquière, une des formations les plus vieilles du circuit, en aurait un ...

Publié hier à 9h30

Potvin de nouveau sous les projecteurs

La véritable motivation du retour sur la scène publique de l’ex-conseiller municipal de Saguenay, Michel Potvin, est-elle vraiment de défendre les décisions qu’il a prises au cours de son passage à l’hôtel de ville? S’ennuyait-il plutôt de la scène médiatique où il nous a habitués à des répliques parfois amusantes, mais pas toujours très ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES