Chroniques

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Où est passé le parti des travailleurs?

Le 21 août 2025 — Modifié à 15 h 36 min le 19 août 2025
Par Vincent Gosselin

Il semble plus facile de défendre les travailleurs quand on siège sur les banquettes de l’opposition. Le conflit de travail chez Air Canada en est un nouvel exemple. À peine la grève et le lock-out débutés, la ministre fédérale de l’Emploi, Patty Hajdu, a invoqué l’article 107 du Code canadien du travail pour ordonner un arbitrage exécutoire.

La pression est forte dans ce genre de situation et les conséquences économiques se font durement sentir. Un gouvernement se trouve vite coincé entre l’arbre et l’écorce… et celui des libéraux sait se servir de cette prérogative pour s’en dégager. L’année dernière seulement, il l’a utilisée dans les conflits de travail qui ont touché les secteurs ferroviaire et maritime ainsi que Postes Canada.

Une droite ouvrière?

Le Parti conservateur s’est empressé de réagir en accusant le gouvernement Carney d’être à la solde des dirigeants d’entreprises. Une position paradoxale pour un parti qui avait invoqué la même disposition pour empêcher une grève des agents de bord d’Air Canada en 2011. Depuis quelque temps, la droite occidentale tente un rapprochement avec la classe ouvrière et les milieux syndicaux. Politiquement, c’est le monde à l’envers.

Le Parti libéral n’est certes pas l’allié naturel des syndicats, et ce, malgré le virage progressiste essayé sous Justin Trudeau. On peut donc s’attendre à ce que l’équipe Carney choisisse le camp du patronat plus souvent qu’autrement et elle ne s’est pas fait prier trop longtemps. Il n’en demeure pas moins que la tranchée dans laquelle jouent les conservateurs est celle de la gauche ouvrière, habituellement étrangère à ces deux formations politiques.

S’adressant aux cols bleus lors de la dernière campagne, Pierre Poilievre a voulu s’inspirer de la stratégie du premier ministre ontarien, Doug Ford. Celui-ci est parvenu à regrouper une large coalition conservatrice à travers la province, de la base traditionnelle du parti jusqu’aux immigrants… en passant par les syndiqués autrefois acquis au NPD!

L’effacement néo-démocrate

Historiquement, le Nouveau Parti démocratique incarne l’option travailliste depuis sa fondation dans l’ouest du pays en 1961. Avant lui, c’était son ancêtre, la  Fédération du Commonwealth coopératif, qui récoltait facilement l’appui des syndicats en campagne électorale.

Au Québec, à part l’anomalie de 2011, le NPD n’a pas de véritables racines. Les bonnes grâces syndicales se promènent de l’orange au bleu pâle. D’ailleurs, le Québec a manqué son rendez-vous avec la création d’un parti ouvrier à l’échelle provinciale. C’est pourquoi le Parti québécois a su faire corps avec les causes syndicales à plus d’un moment dans l’histoire, ce dont a hérité son pendant fédéral, le Bloc québécois.

Presque rayés de la carte en avril, les néo-démocrates peinent à s’imposer sur le terrain où ils sont les plus à l’aise : les luttes ouvrières. Cette situation laisse une vacance dans le paysage partisan national dont aimerait bien profiter l’opposition conservatrice, qui a les coudées franches sans le NPD sur la ligne de piquetage.

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