Chroniques

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Sylvain Gaudreault et le bar ouvert de la SAAQ

Le 05 juin 2025 — Modifié à 16 h 07 min le 03 juin 2025
Par Richard Banford

On n’en finit plus de découvrir comment de hauts fonctionnaires du gouvernement du Québec traitent l’argent des contribuables sans aucune rigueur et dans une parfaite indifférence. Un projet de 200 M$ pour rajeunir le système informatique de l’Assurance automobile du Québec coûtera finalement plus de 1,2 milliard $ et ce, si on parvient à le rendre opérationnel avant 2027.

Ce nouveau scandale, qui provoque la tenue d’une autre commission d’enquête, révèle des chiffres qui font rager avec raison les contribuables, toujours étonnés de l’impuissance de nos représentants politiques devant de tels gaspillages.

LA CAQ MANGE LA CLAQUE

Aujourd’hui, le scandale de la hausse des coûts d’un système informatique est imputé au gouvernement de la CAQ. Pourtant, tout ce bouleversement budgétaire a débuté bien avant. D’abord sous le Parti Québécois en 2012, alors que Sylvain Gaudreault, aujourd’hui directeur du Cégep de Jonquière, détenait le siège de ministre des Affaires municipales sous le gouvernement péquiste de Mme Marois. À son arrivée, le jeune ministre des Transports a répondu à une demande des hauts fonctionnaires de la SAAQ visant à moderniser le système numérique en rédigeant une demande d’allègement réglementaire auprès du Conseil du trésor pour obtenir les montants nécessaires afin de se doter du système CASA.

DÉFICIT RÉCURRENT

À cette époque, en 2012, la SAAQ traînait déjà un déficit de 218 M$. Le projet, amorcé par Sylvain Gaudreault, était estimé à 200 M$ et devait effacer un déficit récurrent de 35 M$, en remboursant le déficit de 218 M$ des activités d’émission de permis de conduire et d’immatriculations. Son successeur en 2014, le ministre libéral Robert Poëti, trouvait aussi la démarche nécessaire vu l’état du vieux système informatique.

Mais en adoptant ce virage numérique, on avait oublié que les techniciens en place ne possédaient pas la formation nécessaire pour animer cette nouvelle technologie. Il a fallu mandater des firmes externes, qui n’ont pas compté les heures, gonflant le prix du projet vers un fiasco qui a filé sous les yeux des responsables politiques.

IMPUTABILITÉ
«Des dépassements de coûts de millions de dollars à la Société d’assurance automobile du Québec ne devraient pas empêcher la terre de tourner». Voilà comment s’est exprimé Guy Morneau, ex-président du CA de la société d’État, devant le commissaire Denis Gallant, de la Commission d’enquête sur SAAQ Clic.

Et cette autre réplique, lancée au ministre Poëti par la sous-ministre de l’époque Dominique Savoie: «Les ministres passent alors que les fonctionnaires restent».

Comme quoi nos fonctionnaires, drapés dans des conventions collectives, et chèrement rémunérés, se soucient bien peu de l’intérêt du payeur de taxes. Les politiciens seront blâmés et perdront leur élection, mais les mandarins de l’État demeureront en place.

Des hauts fonctionnaires abusent de leur pouvoir et les élus ferment les yeux. Comment ne pas perdre confiance en nos institutions devant pareilles dérives?
 

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