Chroniques

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Les Américains contrôlent l’espace aérien

Le 27 mars 2025 — Modifié à 09 h 02 min le 26 mars 2025
Par Richard Banford

Même si les avions de combat américains F-35 nous avaient été livrés, nous n’aurions pas pu nous en servir pour nous défendre contre les Américains sans leur approbation. Ces appareils, fabriqués par Lockheed Martin à Fort Worth au Texas, seront expédiés au Canada sans le code source de la flotte, cette clé du logiciel nécessaire pour faire fonctionner les F-35.

Déjà, depuis l’arrivée du commandant en chef Donald Trump à la Maison-Blanche, les avions-chasseurs américains survolent allègrement les territoires nordiques canadiens, en violation des lois internationales. Ils frôlent les bâtiments de la garde côtière et de la marine canadienne. On peut deviner le sourire des pilotes américains quand ils volent à basse altitude vers leurs amis de jadis en les accrochant au radar. Un geste habituellement considéré comme hostile.

CANADA COINCÉ

Le fait que l’on refuse de partager l’intégralité du code source de ces appareils hautement informatisés inquiète le Canada, parce qu’il ne pourrait jamais en avoir le contrôle total. De là, l’intérêt renouvelé pour cette commande de 88 avions au coût de 19,8 milliards de dollars. Un montant que les experts estiment plutôt à plus de 72 milliards de dollars si l’on considère l’entretien de la nouvelle flotte, la formation des pilotes et l’achat de l’armement équipant ces chasseurs. On cherche des solutions pour limiter le nombre d’appareils aux 16 premiers livrables en 2026.

Mais le contrat est signé et valide pour les 88 appareils. Le chef libéral, Mark Carney, demande à voir si d’autres options existent, mais tous ceux qui approfondissent le dossier ne voient guère comment le Canada pourrait sortir sans frais de cette situation.

BESOIN PRESSANT

Si l’on veut minimalement équiper le pays d’une défense appropriée de la souveraineté de ses eaux territoriales, le Canada doit se doter de nouveaux appareils pour remplacer les vétustes F-18 qu’on trouve encore sur notre base militaire de Bagotville. On en parlait déjà en 2000. En 2015, les libéraux de Justin Trudeau avaient annulé une commande d’une nouvelle flotte passée par les conservateurs de Stephen Harper.

Se libérer du contrat avec Lockheed Martin coûterait plusieurs milliards de dollars, sans compter que le Canada a aussi un autre contrat avec la firme américaine Boeing pour des avions de surveillance P-8A Poséidon, dont l’annulation coûterait encore plusieurs millions de dollars.

Déjà, la base militaire établie à Saguenay a obtenu l’aval pour la construction d’immenses hangars devant accueillir les nouveaux appareils. Le gouvernement canadien a investi 120 millions de dollars pour ces travaux qui doivent s’étendre jusqu’en 2027. La ville de Saguenay a déjà élaboré un plan pour loger les quelque 620 travailleurs affectés à ces travaux.

Les avions de chasse de l’US Air Force, basés en Alaska et au Groenland, peuvent continuer à violer délibérément les installations militaires canadiennes du nord de l’Ontario. Nos voisins du Sud contrôlent notre force militaire aérienne. De quoi regretter d’avoir mis toute notre confiance entre les mains du géant américain.

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