Dimanche, 16 juin 2024

Chroniques

Temps de lecture : 2 min 52 s

La route 170, la route meurtrière

Le 02 septembre 2022 — Modifié à 09 h 10 min le 02 septembre 2022
Par Mélyna Girard

Chronique

Pour préparer ma chronique, je m’enferme dans la Salle Bartholomew de la bibliothèque d’Arvida, pour consulter les archives du Réveil. En feuilletant les pages jaunies, je tombe souvent sur des histoires intrigantes.

En voici une. De 1972 à 1978, j’ai lu plusieurs articles sur la route 170. Je savais que la route du Parc des Laurentides a été longtemps la route la plus meurtrière de la région et du Québec, mais je ne savais pas que la route 170 l’avait été aussi. Je vais vous raconter l’histoire de cette damnée route.

La naissance de la route 170, l’ancienne route 16-A

À la fin des années 60, la Ville de Jonquière avait élaboré un grand chantier de revitalisation de son centre-ville. (Oui, on en parle encore aujourd’hui de valoriser le centre-ville de Jonquière). On prévoyait aménager des logements sociaux, redéfinir les axes routiers, harmoniser les secteurs commerciaux, construire la place Centre-Ville Jonquière, dont j’ai fait mention dans une autre chronique. Le tout serait aménagé autour de l’édifice administratif du gouvernement provincial, le célèbre édifice Marguerite Belley. Un lègue de l’ancien député provincial de Jonquière, Gérald Harvey.

Décembre 1972, le chantier de l’édifice était annoncé ainsi que le projet de la nouvelle route à quatre voies qui s’étendrait de l’édifice Marguerite Belley jusqu’à l’ancien rond-point du Boulevard Talbot, pour ainsi relier la ville de Jonquière à Chicoutimi.

Cette nouvelle route s’appellerait la route 16-A. Et tenez-vous bien, les élus parlaient aussi du projet d’une autoroute nommée transrégionale qui passerait au-dessus de la 16-A. Il s’agit de la fameuse autoroute 70 qui n’est toujours pas complétée à ce jour. Comme il paraît que Rome ne s’est pas construite en un jour, c’est aussi le cas pour certaines routes du Québec.

La route A-16 est morte! Vive la 170

Le ministre Harvey venait à peine d’annoncer le projet de la 16-A qu’un fonctionnaire, possiblement en manque de défi, a annoncé un nouveau système d’identification du réseau routier du Québec. Les routes régionales et les routes provinciales seront numérotées de 100 à 199 et les routes secondaires de 200 à 299. Donc la 16-A devient la célèbre route 170. Elle donnera son nom au centre commercial, le mail 170, aujourd’hui le Faubourg Sagamie.

La route 170, la route qui tue!

Dans le Réveil de Chicoutimi du 22 novembre 1978, on pouvait lire en gros titre : Dossier 170… La route qui tue! Quatre ans après sa création, on constatait de nombreuses lacunes sur la route qui avaient causée de nombreux décès et accidents. De janvier à novembre 1978, on avait dénombré huit morts et 82 blessés. Les policiers avaient répondu à 248 appels pour des accidents divers sur cette autoroute maudite.

Le problème principal était que la route était en gravier. C’est en 1975 qu’on avait commencé à asphalter des sections de la route. En plus d’être dépourvue de bitume, la route n’était pas éclairée et sans feux de circulation.

Dans le dossier de la route 170, les journalistes avaient aussi découvert qu’une étude avait été commandée en 1974, par l’ancien maire d’Arvida, Francis Dufour lors de la présentation des plans d’agrandissement de la 170. La firme de Montréal avait identifié trois lacunes. Il y avait trop d’entrées et de sorties entre le boulevard Mellon et la rue Jean-Noël Tremblay, aujourd’hui le chemin de la réserve, l’absence de terre-pleins et le manque de rues de désertes parallèles.

Votez du bon bord… de la route!

Tous les partis politiques confondus se sont servis de l’asphalte comme appât pour les électeurs. La route 170 n’y avait pas échappé, c’est probablement une des raisons des problèmes de la 170. En 1974, les élections provinciales arrivaient, le député devait promettre des projets. Les fusions municipales étaient en cours, donc on devait avoir des actions communes pour rassembler les villes et aussi garder le pouvoir!

C’est pour cette raison que la route s’est construite rapidement, sans grande planification pour satisfaire les égos des élus au détriment des conducteurs. Aujourd’hui, la 170 est complétée et sécuritaire depuis des années. Mais la 70 reste toujours inachevée. Plus ça change, plus c’est pareil.

Si vous avez des événements de l’actualité que vous aimeriez que je fouille dans nos archives, n’hésitez pas à m’écrire par courriel.

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