À l’occasion de la Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs décédés ou blessés au travail, plusieurs organisations syndicales ont dénoncé le nombre élevé de décès survenus en milieu de travail au Québec en 2025.
Dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, 12 décès au travail ont été recensés. À l’échelle du Québec, 257 travailleuses et travailleurs ont perdu la vie en accomplissant leur emploi, un chiffre supérieur à la moyenne des dix dernières années et en hausse de 11 décès par rapport à 2024. 77 % de ces accidents mortels sont survenus sur des chantiers de construction.
Dans la région, une minute de silence a notamment été observée par la CSN chez Féricar, à Chambord, où un accident de travail a fait un blessé plus tôt cette année. Pour la présidente du Conseil central du Saguenay–Lac-Saint-Jean de la CSN, Manon Tremblay, ces gestes de commémoration sont essentiels.
« Il est important pour nous d’assurer le devoir de mémoire, puisque chaque accidenté est une tragédie : jamais ces 12 personnes n’auraient dû perdre la vie en travaillant pour la gagner. Nous devons poursuivre nos efforts pour changer cette triste réalité. », a-t-elle déclaré.
Celle-ci s’inquiète également des orientations récentes du gouvernement du Québec en matière de santé et de sécurité du travail. Elle accuse le gouvernement de fragiliser les mécanismes de prévention, notamment par l’adoption de la Loi 28, Loi visant l’amélioration de certaines lois du travail, qui amputerait, selon elle, des mécanismes en santé et de sécurité au travail jugés essentiels, particulièrement dans les réseaux publics de la santé, des services sociaux et de l’éducation.
« Qui est l’employeur dans le réseau public ? Le gouvernement. Et il décide de jouer avec la santé et la sécurité au travail de ses salariés. C’est aberrant. D’ailleurs, la CSN conteste certains articles de cette loi devant les tribunaux. », a continué Manon Tremblay.
La centrale syndicale exprime aussi de vives inquiétudes quant au projet de loi 27, Loi modifiant diverses dispositions concernant les décrets de convention collective et l’industrie de la construction. La CSN craint que les changements proposés par le projet de loi n’affaiblissent les protections des travailleurs sur les chantiers, notamment en réduisant la présence de représentants en santé et sécurité du travail.