L’adoption du projet de loi n°11, jeudi matin à l’Assemblée nationale, suscite des réactions nuancées dans le milieu forestier et économique de la région. Bien que plusieurs saluent des mesures jugées urgentes, des voix s’élèvent pour rappeler que des enjeux persistent.
Ce texte législatif vise notamment à alléger le fardeau financier des entreprises forestières. Il met fin à l’obligation pour les scieries de verser une redevance annuelle et abolit le système de mise aux enchères du bois. Par ailleurs, la tarification du bois récolté sur les terres publiques sera revue grâce à l’intégration d’un mécanisme plus flexible.
Un « premier pas » pour les communautés forestières
Du côté de l’Alliance des communautés forestières, l’accueil est prudent. L’organisation reconnaît les avancées, tout en soulignant qu’elles demeurent insuffisantes pour assurer l’avenir de l’ensemble du secteur.
« La forêt ne se résume pas au PL11, un projet omnibus c’est bien, mais ça ne peut pas remplacer la réforme du régime forestier qui est toujours de mise. Le secteur forestier est voué à des jours meilleurs, et ce, à la condition de s’en occuper et de reconnaître toute son importance pour le Québec et ses communautés. C’est un premier pas, attendons la suite. », a déclaré le président de l’Alliance des communautés forestières, Yanick Baillargeon.
Les chambres de commerce soulagées
Le Comité interrégional des chambres de commerce de la Mauricie et du Saguenay–Lac-Saint-Jean accueille plus favorablement la décision du gouvernement. Selon lui, l’adoption du projet de loi avant la fin des travaux parlementaires permettra notamment d’éviter une redevance forestière prévue en juin qui aurait exercé une pression supplémentaire sur des entreprises déjà fragilisées par un contexte économique difficile et une concurrence accrue à l’échelle nord-américaine.
« Il s’agit d’un geste concret qui répond à l’urgence exprimée sur le terrain. Nos entreprises avaient besoin d’un signal clair, et le gouvernement a su intervenir au bon moment. », souligne Daisy D. Bouchard, directrice générale de la chambre de commerce et d’industrie de Dolbeau-Mistassini.
Malgré cet appui, les chambres de commerce rejoignent l’Alliance sur un point : d’autres actions seront nécessaires pour assurer la stabilité et la compétitivité de l’industrie forestière à long terme. Elles réitèrent leur intention de collaborer avec les gouvernements et les partenaires du secteur afin de trouver des solutions durables.
Les propriétaires de forêts privées laissés pour compte
En revanche, les propriétaires de forêts privées expriment leur déception. Ils dénoncent l’absence de mesures spécifiques à leur égard dans le projet de loi, rapporte Radio-Canada.
Selon la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ), les nouvelles règles d’attribution et de fixation des prix du bois provenant des forêts publiques risquent de faire baisser le prix de la fibre. Une situation qui pourrait entraîner une diminution directe des revenus pour les producteurs privés.