Plus de 130 organismes à but non lucratif de la région se joignent au mouvement Le communautaire à boutte afin de dénoncer le sous-financement chronique du milieu et d’exiger des investissements structurants de la part du gouvernement du Québec. Des milliers de travailleuses et de travailleurs du milieu communautaire seront en grève du 23 mars au 2 avril prochain, partout dans la province, à cet effet.
Parmi ceux-ci, on retrouve le Centre d’action bénévole Entre-Êtres de Jonquière, ainsi que son agent aux communications et porte-parole régional du mouvement Le communautaire à boutte, Jean-Michel Gauthier-Robert.
« Le constat est le même partout et on part en grève pour une vraie justice sociale. […] On est tannés de faire des miracles avec rien. La demande ne fait qu’augmenter et le communautaire est un vrai pilier de la société dont on ne peut se passer. Il rend un service sur trois à une personne au Québec et une étude démontre que, pour chaque dollar investi, ce sont 12 dollars économisés pour le gouvernement », appuie M. Gauthier-Robert.
Au niveau régional, une manifestation se tiendra le 27 mars à Alma et la mobilisation culminera le 2 avril à Québec, où des foules de manifestants seront présentes, pancarte à la main, devant l’Assemblée nationale.
« Ça fait des semaines que nous constatons que la classe politique manque clairement de considération envers le travail des groupes communautaires. Combien de groupes devons-nous encore mobiliser ? Doit-on toujours prendre la rue au Québec pour être pris au sérieux et entamer des discussions officielles avec les représentants du gouvernement ? », souligne le co-porte-parole du mouvement, Mathieu Gélinas.
Sans financement stable et adéquat, la capacité d’agir des organismes communautaires est compromise et plusieurs revendications sont donc faites à travers le mouvement, soit :
● Des conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs du communautaire ;
● Un financement suffisant à la mission ;
● Une reconnaissance pleine et entière des organismes ;
● La protection de l’autonomie et la fin du financement précaire ;
● Un engagement clair à investir dans le modèle communautaire comme pilier stratégique.
« Nous demandons au gouvernement du Québec de prendre des engagements financiers clairs et durables. Nous invitons également tous les partis politiques à prendre position publiquement et à préciser leurs engagements envers le milieu communautaire », ajoute la co-porte-parole, Sophie Tétrault-Martel.
Origine du mouvement
À l’automne dernier, une centaine d’organismes de la Mauricie et d’ailleurs ont participé à une première semaine de grève, marquant un tournant pour le milieu communautaire. Cette mobilisation locale est rapidement devenue un mouvement de solidarité d’ampleur provinciale et confirme que les enjeux soulevés dépassent largement une seule région.