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Meurtre de Guylaine Potvin

Un crime qui a longtemps hanté Bruno Cormier

Jean-François Desbiens
Le 27 février 2024 — Modifié à 10 h 36 min
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

Bruno Cormier a poussé un énorme soupir de soulagement lorsque Marc-André Grenon a été reconnu coupable du meurtre de Guylaine Potvin dans son logement de Jonquière en avril 2000. Maintenant que l’affaire est résolue, l’ancien porte-parole du Service de police de Saguenay pourra enlever la photographie de la jeune femme qu’il gardait dans son portefeuille depuis 24 ans.

L’ex-policier avait participé au début de l’enquête sur cet homicide alors qu’il travaillait pour la Ville de Jonquière et malgré les années qui passaient, il n’avait jamais oublié Guylaine Potvin. Ce crime sordide l’a marqué.

« Je vais enlever cette photo qui est abîmée et dont il manque des bouts maintenant. C’est une grosse étape pour moi. Je vais pouvoir enfin tirer un trait sur le passé, mais Guylaine restera toujours dans mon cœur », mentionne-t-il, émotif.

Bruno Cormier était présent au palais de justice de Chicoutimi pour suivre de près le procès de Grenon, mais il n’a pas eu besoin de témoigner.

« Tout ce que j’avais fait comme travail, ainsi que celui de mon collègue Pierre Lévesque, a été admis par la défense avant le procès. J’ai suivi les audiences tous les jours, sauf durant la sélection du jury, et j’ai accompagné la famille. Pour elle et pour moi aussi, c’est un gros soulagement qu’il soit envoyé en prison. »

Redonner de l’espoir

L’ancien policier estime que l’arrestation puis la condamnation du meurtrier de Guylaine Potvin grâce à de nouveaux moyens d’enquête reliés à l’ADN vont redonner de l’espoir à d’autres familles dans des affaires similaires.

« Avec la technologie d’aujourd’hui, quand on a un nom rattaché à un ADN, on peut trouver le ou les coupables. Je crois que ça va permettre d’élucider beaucoup de crimes et aider des familles qui n’ont pas encore de suspect dans leur dossier à continuer d’espérer. On a été capable, 24 ans après le meurtre de Guylaine, d’envoyer le responsable de ce meurtre derrière les barreaux. La justice a le bras long et de plus en plus la technologie également. »

Bruno Cormier souligne aussi que si cette affaire est maintenant résolue, c’est d’abord grâce au bon travail des premiers patrouilleurs arrivés sur la scène de crime.

« Il ne faut pas oublier que dans toute cette histoire-là, ce qui a permis d’obtenir des détails précis et une preuve incontestable, c’est que la scène a été bien protégée. Les premiers patrouilleurs sur les lieux étaient expérimentés et immédiatement, ils ont détecté des éléments indiquant qu’il y avait eu un acte criminel. Tous les gens qui ont suivi, que ce soit les ambulanciers ou le médecin de Jonquière Médic qui avaient constaté le décès, avaient été avisés de faire très attention où ils marchaient et de ne rien déplacer. »

Ce sont ces précautions qui ont permis, 24 ans plus tard, de porter des accusations contre Marc-André Grenon et le faire condamner.

« Les enquêteurs n’ont jamais abandonné, mais c’était vraiment un travail d’équipe. La scène de crime avait d’abord et avant tout été vraiment très bien protégée. Les procureurs au dossier m’ont dit que le travail avait été très bien fait. On voit le résultat aujourd’hui. »

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