Mercredi, 28 février 2024

Actualités

Temps de lecture : 2 min 30 s

Des représentants de l’industrie forestière talonnent François Legault pour obtenir une rencontre

Jean-François Desbiens
Le 07 septembre 2023 — Modifié à 17 h 28 min le 07 septembre 2023
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

Des représentants de l’industrie forestière talonnent François Legault pour obtenir une rencontre

Des représentants des travailleurs, des entreprises, des entrepreneurs et des communautés qui vivent de l’industrie forestière ont profité du caucus de la Coalition Avenir Québec (CAQ) à l’Hôtel Delta de Saguenay pour manifester leurs inquiétudes. Ils souhaitaient obtenir une rencontre avec François Legault pour discuter des mesures à prendre afin d’assurer l’avenir du secteur forestier.

Le premier ministre a refusé, mais ils entendent le talonner pour y arriver, estimant que la situation actuelle est grave.

Le groupe réclame notamment des états généraux de la forêt et un chantier historique de reboisement après les feux de forêt records de l’été qui ont dévasté près de 1,5 million d’hectares en zone intensive.

Selon Daniel Cloutier, le directeur québécois du syndicat Unifor qui représente plus de 15000 travailleurs dans le secteur, le gouvernement Legault démontre ainsi clairement que les forêts et les milliers de personnes qui en dépendent ne font pas partie de ses priorités.

« Le premier ministre refuse de prendre la juste mesure de la catastrophe qui a dévasté nos forêts. Il refuse de voir les conséquences qui sont en train de se produire. Il refuse de prendre la juste mesure des impacts que les changements climatiques font subir à nos forêts et de considérer des mesures rapides qui doivent être prises pour préserver ce trésor collectif. Il est impératif de revoir notre régime forestier et nos stratégies sylvicoles afin d’augmenter de manière importante le reboisement.  On va augmenter la pression jusqu’à ce qu’il daigne nous rencontrer. »

Aides insuffisantes

Les aides consenties jusqu’à maintenant par Québec sont insuffisantes selon lui.

« À ce jour, tout ce qu’on a vu, ce sont des plasters. On est plus là. Il faut revoir les choses en profondeur. Les aides qui ont été consenties ne répondent absolument pas aux besoins des entreprises et des travailleurs. Il faut récolter les hectares ravagés et replanter. Pensons juste à la quantité de bois qu’il faudra pour faire face à la pénurie de logements et en bâtir. Et on a besoin de papiers de toilette. »

Le président d’Alliance forêt boréale, Yanick Baillargeon, estime aussi que le gouvernement devra passer de la parole aux actes en investissant massivement dans la remise en production des superficies brûlées.

« Sans un chantier de reboisement d’envergure, en lien direct avec la mise en oeuvre de la Stratégie nationale de production de bois, on assistera à une diminution importante de la productivité forestière, ce qui aura des conséquences catastrophiques sur l’économie de nos communautés forestières. »

Aucune mesure pour les travailleurs

De son côté, le vice-président de la FIM-CSN, Serge Berthiaume, trouve inconcevable qu’aucune mesure n’ait encore été annoncée pour venir en aide aux travailleurs touchés par les feux de forêt.

« En raison de l’arrêt forcé, les travailleurs sont plongés malgré eux en situation de précarité avec la menace de se retrouver devant un trou noir, soit une longue période sans revenus et sans assurance-emploi », souligne le syndicaliste.

Le président de  l’Association québécoise des entrepreneurs forestiers Étienne Boucher a quant à lui rappelé que les feux de forêt ont obligés les entrepreneurs et les PME à faire d’importantes dépenses pour passer à travers cette épreuve. Il réclame le remboursement de ces dépenses supplémentaires.

« Déplacements d’équipements, dépenses d’hébergement, salaires versés aux travailleurs malgré les arrêts de production afin de ne pas les perdre, ne sont là que quelques exemples des charges considérables que les entreprises et entrepreneurs forestiers ont dû assumer en raison des feux de forêt en plus de subir des pertes financières et matérielles importantes. Comme il s’agit d’un domaine exigeant où les marges bénéficiaires sont très minces et les investissements élevés, il importe de les soutenir adéquatement. »

 

 

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES