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Crise du logement : Victimes de surenchère

Le 29 avril 2022 — Modifié à 13 h 44 min le 29 avril 2022
Par Julien B. Gauthier

De plus en plus de chercheurs de logement sont prêts à payer plus cher que le prix affiché. Pour d’autres, se loger est devenu une lutte perdue d’avance envers ceux qui en ont les moyens.

« On a visité un logement qu’on était prêt à prendre pour 1 200 $ par mois. Finalement, le propriétaire nous a dit qu’il avait accepté l’offre d’un ingénieur qui a promis 1 500 $ par mois », déplore Julien Lemay-Roche, étudiant en science politique à l’UQAC.

Lui et Milena Garzon-Zurita, un couple d’étudiants de Chicoutimi, sont contraints de quitter leur logement le 1er juillet en raison de dégâts d’eau. Il craint devoir retourner chez son père.

« Je suis conscient que ce n’est pas tout le monde qui peut compter sur ses parents. En même temps, ce n’est pas quelque chose qu’on souhaite. On tient à notre intimité, à notre indépendance », souligne-t-il.

Devoir se vendre

Selon le couple, qui a visité une dizaine de loyers depuis un mois, obtenir un logement est pratiquement devenu « un concours » pour lequel il faut bien se vendre.

« Sur internet, plusieurs propriétaires ne daignent même pas nous répondre. On avait trouvé un logement super intéressant, mais on était les 75e dans la liste », explique Julien.

« On était quatre intéressés pour un logement, mais on nous a dit que l’un des autres visiteurs était un travailleur de l’Alcan. On savait que c’était perdu d’avance », renchérit Milena, étudiante en arts.

« On nous demande des preuves de revenus. Évidemment, on n’est pas choisi. Sur papier, on n’a pas un gros salaire. Mais on est des étudiants, on a droit à des crédits d’impôt, nos parents peuvent nous aider… On n’a jamais eu de problème à payer dans le passé. Ce n’est pas parce qu’on est étudiant qu’on ne peut pas payer », soutient Julien.

Problème généralisé

Willyam Nguimgou, agent de migration, accompagne des dizaines de jeunes de 18 à 35 ans qui veulent s’établir en région. (Photo Trium Médias – Julien B. Gauthier)

Selon Willyam Nguimgou, agent de migration pour Place aux jeunes en région, la surenchère est devenue un problème généralisé. Elle existait déjà, mais « le phénomène a pris de l’ampleur cette année ».

« Le prix est hors de portée. Ça impacte ultimement le dynamisme que nous voulons pour notre région. Plusieurs jeunes changent d’idée et décident de ne pas venir ici », constate-t-il.

Ce dernier a accompagné des dizaines de jeunes dans la recherche de loyer. Faute d’alternatives et par manque de connaissance, il constate que plusieurs se résignent à accepter des loyers et des chambres dont les prix sont disproportionnés.

« Les cas de surenchère ne font que s’accentuer, si rien n’est fait, le problème sera encore pire dans les mois et années à venir », prédit-il.

À lire : Crise du loyer : Des prix qui ne reflètent pas la réalité

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