Économie

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La Bijouterie Guérin fête ses 108 ans à Saguenay

Le 29 mai 2026 — Modifié à 07 h 35 min
Par Sara-Léa Bouchard - Journaliste

Depuis plus d’un siècle, la Bijouterie Guérin fait scintiller les souvenirs générationnels de ses clients, un bijou à la fois. Fondée il y a 108 ans, l’entreprise familiale est chargée de vécu et se transmet comme un héritage d’une génération à l’autre.  

Il y a deux ans, Véronique Guérin a repris le flambeau de son père, inscrivant à son tour son nom dans cette tradition où chaque bague, chaque chaîne et chaque pierre précieuse deviennent les témoins silencieux des moments marquants d’une vie. 

« Ça fait deux ans que j’ai pris le relais et je l’ai fait un peu à ma façon. Je trouve ça tout de même important de souligner ces 108 ans, parce que c’est plutôt rare pour des entreprises régionales de passer le cap des 100 ans, mais aussi de rester dans la même famille », mentionne d’abord Mme Guérin en entrevue avec Le Réveil.  

Cette dernière est ainsi devenue la quatrième génération à prendre la relève de la boutique, ce qui ne lui apparaissait pas comme une évidence apriori.  

« Je travaillais en planification marketing. J’avais aidé mon père à orchestrer toutes les étapes de sa fermeture, sans plus. Nos parents nous ont toujours dit de faire ce que l’on voulait dans notre vie, tant qu’on était heureux et qu’on subvenait aux besoins de notre famille. Également, le modèle d’affaires de la bijouterie me parlait moins », admet-elle.  

La prise de décision de Véronique Guérin s’est donc faite graduellement. « J’ai aidé mon père les vendredis et les samedis pendant quatre mois en alternance avec mon emploi de tous les jours. J’ai vu plein de gens, j’ai parlé à plein de gens qui me racontaient leur histoire et je demandais si je n’étais pas en train de passer à côté de quelque chose de fort. J’ai quand même toujours eu la fibre entrepreneuriale, mais puisqu’il s’agissait des produits de mon père, je sentais que ce n’était peut-être pas accessible. Pourtant, je ne pouvais pas faire autrement, c’est la plus belle décision de ma vie. » 

Une approche renouvelée  

Ayant grandi dans l’univers des bijoux et ayant été témoin de l’évolution de l’œuvre de son père au fil des années, Véronique Guérin a voulu renouveler son approche lorsqu’elle a pris les commandes de l’entreprise. D’abord, en dénichant un local au deuxième étage d’un bâtiment de la rue Racine à Chicoutimi, pour y tenir les activités de vente et de création de bijoux sur mesure. La boutique est désormais ouverte une fois par semaine et sur rendez-vous les autres jours. 

« Je pense qu’on crée une surprise parce que c’est un modèle différent. Le changement vient constamment avec une période d’adaptation. Le service à la clientèle ne s’en retrouve pas affecté puisque mon père m’a inculqué les mêmes valeurs que lui. Il y a quelques personnes qui m’ont aussi laissé savoir qu’elles trouvaient ça triste que la boutique ne soit plus à La Baie après tant d’années, mais je ne regrette pas mon choix. Je reçois beaucoup de nouveaux clients qui n’avaient jamais entendu parler de nous avant. »  

Les projets personnalisés peuvent aussi prendre vie grâce à des logiciels de modélisation 3D, ce qui permet de concevoir un bijou qui dépasse parfois même les attentes des clients. De plus, celle qui travaille maintenant avec une partenaire d’affaires souligne être très active sur les réseaux sociaux.  

« Aujourd’hui, la technologie permet d’être très réactif sur l’ensemble des plateformes Web, que ce soit Facebook, Messenger, Instagram ou par courriel. On veut prendre le temps avec les gens, peu importe la façon dont ce sera fait. » 

Les idées de grandeur ne cessent de germer dans l’esprit de l’entrepreneure et maman de deux jeunes filles. 

« Mes projets dépassent les frontières de la région, dit-elle. J’ai des clients en provenance de Gaspé, de Gatineau et de Québec, entre autres. De nos jours, c’est facile de créer un lien de proximité même en étant loin. » 

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