Culture

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Expositions au CNE de Jonquière

Quand l’art s’inspire de la nature

Le 20 mai 2026 — Modifié à 13 h 50 min
Par Charles-Antoine Desmeules - Journaliste

Le Centre national d’exposition met actuellement en lumière deux propositions artistiques inspirées de la nature et des territoires. La population pourra découvrir, jusqu’aux 2 et 5 juin, le projet Duale, du duo d’artistes Étienne Saint-Amant et Éric Dupont, ainsi que Terre de cendres, de l’artiste photographe Isabelle Hayeur. 

L’exposition présentée à la Salle principale de la Fondation Asselin est le fruit d’observations s’étalant sur plus de dix ans. Dans la continuité de sa démarche artistique, Duale explore les interactions complexes et interdépendantes entre l’humain et la nature, à travers le prisme de la biodiversité. En fusionnant art et environnement, ce projet vise à sensibiliser le public aux enjeux écologiques contemporains, tout en proposant une réflexion esthétique sur la beauté et la fragilité du monde vivant. 

Afin de venir à la rencontre du public saguenéen, les deux artistes ont établi une sélection d’œuvres correspondant à la biodiversité pouvant être présente dans la région. 

Surnommé le « mathématicien créatif », Étienne Saint-Amant est un artiste scientifique qui utilise notamment des formules mathématiques et des formes géométriques à travers des peintures à l’acrylique et à l’huile. 

« Avec Duale, on souhaite adopter une approche constructiviste. On n’est vraiment pas dans le fait de taper sur les doigts ou de blâmer les gens pour la détérioration de l’environnement. On veut plutôt les amener à devenir des gardiens de la nature », ajoute M. Saint-Amant. 

À travers des œuvres transdisciplinaires, l’originalité de l’exposition réside dans la présentation créative et innovante d’une fusion entre l’art pictural d’Éric Dupont, la science et les technologies appliquées par le duo. 

Terre de cendres 

Dans Terre de cendres, Isabelle Hayeur documente les paysages transformés par les mégafeux ayant touché le Québec et la Colombie-Britannique. 

Une première série de photographies, qui compose une grande partie de l’exposition, a été réalisée au nord du Lac-Saint-Jean, lorsqu’un feu d’origine humaine a ravagé près de 60 000 hectares dans le secteur de Chute-des-Passes, en 2020. 

L’été suivant, Mme Hayeur s’est rendue dans l’Ouest canadien afin de capter les scènes à la frontière du réel provoquées par les incendies dans la vallée de la rivière Thompson. 

« Quand on est sur les lieux, on se sent vulnérable et menacé. […] On a l’impression d’être dans un no man’s land, sur la planète Mars. Ce sont des lieux très étranges et, en même temps, je me sens privilégiée de pouvoir capter des images de quelque chose d’aussi temporaire, puisque j’ai documenté un moment très précis avant que la nature refasse son travail et se régénère. » 

Ses photographies, captées sur des territoires ravagés, rendent compte de l’ampleur des bouleversements écologiques et des pressions imposées aux milieux naturels. Les forêts carbonisées et les sols meurtris mettent en lumière les conséquences combinées des changements climatiques, de l’exploitation intensive des ressources et de la fragilité croissante des écosystèmes. 

« Nous avons rompu un équilibre séculaire en cherchant à dominer les éléments et à surexploiter la forêt. Croire que nous pouvons maîtriser la nature sans la comprendre ni la respecter conduit inévitablement à l’échec. Il nous faut repenser notre rapport au territoire, apprendre à cohabiter avec lui et renoncer à l’illusion d’un monde toujours plus contrôlé et sécuritaire », soutient Isabelle Hayeur. 

Regards croisés 

Bien que distinctes, les deux expositions ont fait l’objet d’un vernissage simultané le 23 avril dernier. Portées par des enjeux écologiques et des scènes inusitées, les démarches artistiques des trois créateurs se répondent naturellement, selon eux. 

« C’était une belle surprise de voir Isabelle Hayeur avec un sujet aussi en corrélation avec ce que nous faisons, et tous deux présentent des démarches qui souhaitent propulser la protection de l’environnement et notre rapport à celui-ci », dit Étienne Saint-Amant. 

« Ça s’agence très bien ensemble. Je pense que c’est formidable de présenter ces expositions en même temps, puisque ce sont les mêmes questionnements, mais abordés avec un traitement très différent et un visuel riche », conclut Mme Hayeur.

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