Réunis en assemblée générale annuelle hier, les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont dressé le bilan d’une saison 2026 marquée par une production totale de 229,5 millions de livres de sirop d’érable.
Portée par un engouement croissant, tant au Québec qu’à l’international, 202 millions de livres de sirop ont été vendus à des transformateurs, dont 181,3 millions destinées à l’exportation, générant des retombées économiques de 844 millions de dollars pour la filière.
« Cette croissance s'inscrit dans un contexte de renégociation de la convention de mise en marché et souligne la nécessité d'une hausse de prix du sirop d'érable pour la prochaine année, pour couvrir les coûts de production encourus par les producteurs et productrices. », a affirmé Luc Goulet, président des PPAQ.
Une progression spectaculaire en deux décennies
Les données présentées lors de l’assemblée témoignent de l’expansion remarquable du secteur acéricole québécois. Entre 2002 et 2025, les ventes annuelles ont presque quadruplé, passant de 52,9 millions à plus de 202 millions de livres. Les rendements ont également fortement progressé, atteignant plus de 4 livres par entaille en 2025, contre 2,3 livres en 2004.
Selon les PPAQ, cette performance repose en grande partie sur des innovations technologiques et des investissements majeurs dans les équipements et les infrastructures de production.
Dans la dernière année, les PPAQ ont ainsi poursuivi leur stratégie de croissance en autorisant l’ajout de 7 millions de nouvelles entailles en 2025, dont 4,9 millions en forêt privée.
L’organisation a également accueilli 611 nouvelles entreprises acéricoles et soutenu l’agrandissement de 1 329 entreprises existantes. À cela s’ajoute la mise en place prévue de 2,1 millions d’entailles supplémentaires en forêt publique dès cette année.
Des inquiétudes malgré des indicateurs positifs
Malgré ces résultats enviables, l’industrie demeure préoccupée par plusieurs enjeux qui pourraient freiner son développement. Parmi eux, la question de la protection du territoire acéricole figure en tête de liste.
Les PPAQ déplorent notamment un recul du gouvernement dans le cadre d’une entente conclue en mai 2025 avec le ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Cette entente visait à protéger 50 000 hectares sur 20 ans, mais 1 000 hectares situés au Bas-Saint-Laurent ont par la suite été retranchés.
L’organisation s’inquiète également des pressions exercées sur les forêts publiques par certains projets d’infrastructures, notamment dans les secteurs du transport et de l’énergie. À cela s’ajoutent des enjeux liés à la taxation municipale et au financement de la réserve stratégique de sirop.
Une réserve stratégique sous pression
La situation des inventaires de sirop d’érable représente d’autant un défi alors que la demande continue de croître et que la production demeure sujette à des variations importantes, liées notamment aux conditions climatiques. Cette volatilité a contribué à une baisse critique des réserves stratégiques de sirop.
Dans ce contexte, les PPAQ estiment qu’un appui accru du gouvernement est essentiel pour assurer la stabilité et la pérennité de l’industrie.