Pour la première fois dans son histoire, La Voie Maltée (VM) exportera un de ses produits en Asie, plus précisément en Chine. Et pour percer ce nouveau marché, l’entreprise a choisi son eau d’érable gazéifié déjà offerte dans sa boutique.
Pas moins de 20,000 canettes contenant son Érable Tonik partiront de Chicoutimi d’ici environ une semaine à bord d’un camion réfrigéré pour rejoindre le port de Montréal puis embarqué sur un bateau jusqu’à Shanghai, un trajet d’environ un mois. À la base de ce projet : une idée simple, mais porteuse.
« Cette eau d’érable était rejetée parce qu’elle n’est pas assez concentrée pour faire du sirop. Nous, on en a fait un produit à valeur ajoutée », explique le PDG du groupe Daniel Giguère. Résultat : une boisson gazeuse naturelle, sans arômes artificiels, riche en électrolytes et minéraux.
« Ça provient directement de l’arbre. On est en plein dans l’économie circulaire. Il n’y a aucun ajout dans notre eau. Et elle est très bonne! Je suis persuadé que c’est la meilleure eau pétillante à l’érable sur le marché mondial. Il n’y a pas d’équivalent. »
Deux ans pour relever le défi
Près de deux ans de recherche et développement ont été nécessaires pour développer cette eau d’érable gazéifiée, souligne Daniel Giguère.
« Le défi, c’était de créer un produit qui pourrait traverser l’océan pendant un mois et rester bon plusieurs mois ensuite, sans perdre ses qualités. »
Un travail important a notamment été fait au niveau de la pasteurisation, pour préserver le goût et les propriétés naturelles. Et il a fallu aussi relever le défi de l’étiquetage.
« Plusieurs de nos produits ont des noms avec des jeux de mots et des caractères spécifiques. Il fallait s’assurer que la traduction en mandarin et en anglais soit bien faite, ainsi que les adresses. »
L’Asie, une occasion à saisir Si l’Érable Tonik est vendu dans la région depuis environ deux ans, il a toujours été pensé pour l’exportation selon le PDG de la VM.
Les consommateurs sont très axés sur leur santé. Les électrolytes naturels, ça les intéresse beaucoup. On arrive au bon moment. »
Pour réussir son entrée, l’entreprise s’appuiera sur un partenaire local, un Asiatique qui a une résidence à Vancouver et qui est tombé en amour avec le produit.
« Souvent, le plus difficile, c’est d’entrer sur un nouveau marché. Là, on a quelqu’un qui croit au produit et qui connaît le terrain. Il va organiser des dégustations, tester différents réseaux, voir où le produit fonctionne le mieux. »
Un virage stratégique
Cette initiative s’inscrit dans une transformation importante pour La Voie Maltée.
« On n’est plus seulement une microbrasserie, souligne Daniel Giguère. On est une entreprise de breuvages. On s’est diversifiés. »
Avec une ressource abondante comme l’eau d’érable, les possibilités sont nombreuses selon lui.
« On l’a chez nous, elle ne coûte pas cher et elle est excellente. C’était logique d’en faire quelque chose. »
Cette percée pourrait marquer un tournant pour La Voie Maltée. Daniel Giguère a d’autres marchés asiatiques dans sa mire, notamment Singapour.
Une chose est certaine : avec 20,000 canettes en route vers la Chine, La Voie Maltée ne se contente plus de brasser local. Elle exporte désormais son savoir-faire à l’international.