Dimanche, 14 juillet 2024

Économie

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En croissance malgré un recrutement difficile

Le 16 juin 2022 — Modifié à 12 h 00 min le 16 juin 2022
Par Mélyna Girard

Fromagerie Boivin

Si la Fromagerie Boivin, à La Baie, continue de gravir les échelons du palmarès des 300 plus grandes PME du Québec, sa croissance se voit toutefois ralentie par la pénurie de main-d’œuvre.

En 2019, le palmarès qui s’appuie sur le nombre d’employés plaçait la Fromagerie Boivin au 421e rang, avec 315 employés. Elle se hisse au 243e rang en 2022 en raison des 425 personnes qui y travaillent. En termes de croissance, un des premiers points tournants de la Fromagerie Boivin a été en 2016, moment où elle a fait l’acquisition de la Fromagerie Lemaire, établie dans le Centre-du-Québec.

« Parmi les moyens, on est devenus les plus gros au niveau de la transformation laitière », affirme Luc Boivin.

Selon ce dernier, il s’agissait d’une décision stratégique nécessaire à l’expansion de son entreprise. « C’était surtout important pour ce qui est du volume. Pour assurer une croissance, on n’avait pas le choix d’aller vers des marchés extérieurs. La population au Saguenay-Lac-Saint-Jean, elle vieillit. En plus, il y a déjà pas mal de fromageries », explique-t-il.

La Fromagerie Lemaire possédant deux restaurants et trois comptoirs de vente, la transaction fut également l’occasion pour le Groupe Boivin de diversifier ses sources de revenus.

« On a cessé la fabrication du fromage chez Lemaire et on a rapatrié la production à La Baie pour miser sur les comptoirs et les restaurants. C’est un modèle d’affaires qui nous différencie par rapport à des marchés industriels. »

C’est dans une optique similaire qu’en 2021, l’entreprise de La Baie récidive en se portant acquéreuse de la Fromagerie La Pépite d’or, située à Saint-Georges-de-Beauce, près de la ville de Québec.

En plus de permettre au Groupe Boivin de développer le marché des tortillons, la transaction inclut les trois restaurants de la bannière La Poutine d’or, à Saint-Georges et à Sainte-Marie.

 

Manque de personnel

L’ascension de la Fromagerie Boivin se voit toutefois freiner par la pénurie de main-d’œuvre, laquelle se fait particulièrement criante au Saguenay-Lac-Saint-Jean selon Luc Boivin.

« Le vieillissement de la population nous affecte plus, et on le voit par le fait qu’il y a beaucoup de départs à la retraite. En plus, on est loin des bassins d’immigrants », explique-t-il.

Par ailleurs, Luc Boivin rapporte avoir perdu « quelques opérateurs » au profit de grandes entreprises comme Rio Tinto et Produits forestiers Résolu, dont il est difficile de rivaliser avec les offres salariales. Si l’automatisation représente une porte de sortie pour de plus en plus d’entreprises, elle ne peut pas être l’unique solution dans le cas du Groupe Boivin.

« Une partie de nos opérations sont déjà automatisées, mais si on élimine complètement le travail manuel, on perd le caractère artisanal de notre fromage et on en dégrade donc la qualité. Et la qualité de nos produits, c’est ce qui nous différencie des Agropur et des Parmalat de ce monde. »

Le nombre d’employés de la Fromagerie Boivin est passé de 315 à 425 entre 2019 et 2022.

 

Le Cahier EntrePreneurs est une initiative de Trium Médias, en collaboration avec le journal Les Affaires. Dans les éditions trimestrielles (avril, juin, septembre et novembre) se trouveront des articles touchant directement les enjeux et défis du monde des affaires.

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