L’Association professionnelle des ingénieurs du Gouvernement du Québec (APIGQ) a officiellement déclenché une grève générale illimitée et prévient que ses moyens de pression prendront progressivement de l'ampleur à travers le Québec jusqu’au mois de juin.
Sans convention collective depuis 2023, les ingénieurs de l’État affirment que les discussions avec le Secrétariat du Conseil du trésor (SCT) stagnent depuis plus d’un an, sans avancée significative. L’association déplore également le refus du SCT d’accorder une rencontre avec sa présidente, France-Élaine Duranceau, une situation qualifiée d’inédite en dix ans.
« Le gouvernement répète vouloir faire des infrastructures une priorité, mais sur le terrain, il refuse toujours de donner aux ingénieurs de l'État les moyens et la reconnaissance nécessaires pour accomplir ce travail. Après plus d'un an d'impasse, nos membres sont à bout de patience. », affirme Marc-André Martin, président de l’APIGQ.
Au cœur des revendications figurent des demandes que l’association qualifie de raisonnables. Les ingénieurs réclament notamment un encadrement du télétravail, ainsi que des espaces de bureaux adéquats. Au-delà de ces éléments, l’APIGQ insiste aussi sur la nécessité pour le gouvernement de reconnaître le rôle stratégique de l’ingénierie et de l'expertise publique.
Du même élan, l’association demande que les ingénieurs bénéficient d’une part de l’enveloppe sectorielle réservée aux groupes prioritaires. Elle invite également la présidente du Conseil du trésor, à démontrer une « réelle volonté » de régler le conflit, en envoyant un « signal clair d’ouverture » à la table de négociation.
Manifestation à Jonquière
Une trentaine d’ingénieurs de l’État ont exprimé leur mécontentement mercredi matin devant le bureau du député de Jonquière, Yannick Gagnon. Les travailleurs, tous membres de la section locale de l’APIGQ, ont tenu à faire entendre leurs revendications.
Munis de flûtes et de crécelles, les manifestants ont multiplié les interventions sonores afin d’attirer l’attention sur leurs préoccupations, dénonçant notamment leurs conditions de travail et la lenteur des négociations avec le gouvernement.