Slam Saguenay entame sa 11e saison régulière, sans complètement changer sa façon de faire. En plus du lancement de sa programmation 2026, qui s’est déroulé le 20 janvier en soirée au Bar à Pitons (BAP) de Chicoutimi, une page s’est tournée pour celle qui était à la tête de l’organisation depuis plusieurs années, Anick Martel. C’est maintenant l’artiste Charlo Bouchard, qui reprend le flambeau.
Charlo Bouchard, qui évolue dans le milieu du slam saguenéen depuis trois ans, campe désormais le rôle de « slammestre ». De grosses pointures à chausser à la suite du départ de Mme Martel.
« Il s’agit d’une grosse responsabilité. C’est moi qui serai en charge de coordonner et de diriger l’organisme. Je m’occupe également d’animer nos soirées de slam, une animation qui demande quand même beaucoup de préparation en amont. C’est aussi moi qui gère mon équipe de bénévoles, pour m’assurer de créer des événements qui fonctionnent », explique l’artiste. « Je remplace quelqu’un qui était non seulement compétente, mais qui était vraiment fait pour ce rôle. Lorsqu’elle m’a dit qu’elle allait prendre sa retraite en tant que slammestre, j’y ai réfléchi longuement, en me disant que le slam devait survivre au Saguenay. Je me suis donc proposé, ayant une passion énorme et l’énergie pour le faire ».
Charlo Bouchard admet vouloir être de taille au sein de ses nouvelles fonctions pour pouvoir amener sa future équipe régionale au Grand Slam du Québec, une compétition nationale annuelle qui rassemble les meilleurs slameurs de la province.
« Je serai la personne accompagnatrice des quatre poètes qui auront été sélectionnés et qui se rendront à ce concours. Je leur servirai de mentor tout au long de la saison, mais aussi lors du Grand Slam. »
Un engouement fort
La soirée de lancement s’est avérée être un immense succès et également la preuve qu’un engouement fort pour le slam existe à Saguenay.
« L’an passé, on a pris la saison pour bien faire la transition entre nos rôles, donc on ne pouvait pas la qualifier de régulière. On avait mis en place des hors-concours, entre autres. Cette saison-ci, tout revient à la normale. Et lors du lancement, certaines personnes présentes dans l’assistance sont venues me voir pour me dire que c’était leur première expérience et qu’elles allaient revenir. Le BAP, c’est n’est pas une grande salle et à ce moment-là, elle était pleine à craquer. Il n’y a jamais suffisamment de places assises pour tout le monde », souligne Charlo Bouchard.
Des thèmes sérieux… et d’autres moins !
Aux dires de l’artiste, les scènes de slam n’ont pas de thèmes précis. Les poèmes déclamés peuvent donc aborder n’importe quel sujet et être interprétés dans n’importe quel style. Les poètes peuvent s’inspirer des enjeux du moment, ou de quelque chose qui leur tiennent à cœur.
« En général, les poèmes suivent tout de même une certaine tendance ou un effet de mode. On a déjà eu droit à des textes engagés, sur le rapport au corps, au genre, à la diversité. Le public est aussi très varié en ce sens. Cependant, on peut aussi aller dans le moins sérieux. À titre d’exemple, je suis quelqu’un de très gourmand et j’aime la nourriture, alors j’ai déjà composé un poème relativement à ces sujets-là. »