Chroniques

Temps de lecture : 2 min 3 s

La chronique Coup de gueule

L’aluminium bâti bien plus qu’une ville

Le 23 avril 2026 — Modifié à 13 h 38 min le 21 avril 2026
Par Richard Banford

Je me suis toujours demandé pourquoi on fête l’anniversaire de la fondation de la ville d’Arvida plutôt que l’objet de sa création, la production de l’aluminium. Parce que la première n’aurait jamais vu le jour sans l’autre.

Toujours est-il que bien qu’on ait mis la charrue avant les bœufs, le centenaire de la première coulée est officialisé avec le lancement d’une série d’activités qu’on dit accessibles et rassembleuses. En somme, Rio Tinto veut nous rappeler pourquoi nous sommes devenus la plus grande région productrice d’aluminium au monde.

Et, comme pour tout ce qui touche l’histoire régionale, c’est la Société historique du Saguenay qui, après plusieurs années de discussions, d’abord sous Alcan, puis avec son nouveau propriétaire, Rio Tinto, garde jalousement la multitude de documents renfermant le spectaculaire cheminement historique de la production d’aluminium chez nous.

Investisseurs visionnaires

Je ne remonterai pas jusqu’à la découverte du procédé de fabrication du métal gris à partir de la bauxite, mais il faut savoir que la renversante découverte appartient à un géologue français, Pierre Berthier, et que le mot bauxite prend son origine de la ville des Baux, en France, où on a justement extrait ce minerai rouge.

Mais sautons plus loin dans l’histoire pour en venir à James Duke qui, avec William Price III, avait compris tout le potentiel que réservaient les lacs et rivières du Saguenay–Lac-Saint-Jean. C’est ce duo qui a acquis les droits sur la rivière Saguenay et la Grande Décharge.

En 1923, on entreprenait la construction de la centrale d’Isle-Maligne, à Alma, un projet de 55 millions $. Puis, en 1924, Price décède accidentellement à Kénogami, dans l’éboulement d’un terrain d’où il pouvait observer la rivière aux Sables se jeter dans le Saguenay. Son partenaire, Duke, accepte de se défaire des actions au profit d’Alcoa. Son président, Arthur Vining Davis, convainc les actionnaires d’investir 70 millions $, pour construire un barrage à Chute-à-Caron et acheter le petit bourg de AB Jonction pour construire l’usine de production d’aluminium actuelle. Il acquiert aussi la voie ferrée Roberval-Saguenay, en plus du port de mer de Port-Alfred.

Histoire palpitante

Toute cette palpitante histoire de la production d’aluminium au Saguenay–Lac-Saint-Jean se trouve dans un impressionnant ouvrage réalisé par deux historiens de la région, Cédrick Ouellet et Pierre-Olivier Lemay, qui nous montrent toute l’étendue de la démarche pour produire un métal qui fera entrer la région dans le cercle de l’économie mondiale.

On y décrit tout le courage des employés qui travaillaient dans des conditions pénibles et souvent dangereuses. On explique comment on a construit une petite ville champignon de 270 maisons en 125 jours.

On y raconte l’arrivée salutaire des syndicats et l’incontournable virage vert jusqu’au procédé Élysis, sans émission de CO₂. C’est aussi l’histoire de son rôle primordial durant la Seconde Guerre, qui vaut à la région d’accueillir une base militaire. C’est une ode à ces milliers de travailleurs de 34 ethnies différentes qui ont peuplé la région pour construire plus que des usines et des barrages, plus qu’une ville : une région.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 7h00

Les éditeurs de journaux hebdomadaires ont besoin de tarifs équitables et d’un service de qualité de Postes Canada

Les éditeurs de journaux hebdomadaires demandent à l’honorable Joël Lightbound, ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement et lieutenant du Québec, d’ordonner à Postes Canada d’offrir aux éditeurs le même tarif que celui accordé au principal imprimeur de circulaires du pays. Postes Canada a ...

Publié le 7 août 2026

Un été de Bleuet

Je ne suis pas encore en vacances. J’ai hâte. Ça s’en vient. Je vois passer des publications de mes amis en camping, au bord d’une rivière ou d’un lac, dans une piscine, à la pêche. Bon, c’est vrai que la vie semble parfaite sur les réseaux sociaux. Faut s’en méfier. Certaines circonstances font en sorte que je ne prévois pas être très sorteux cet ...

Publié le 6 août 2026

79 appartements sans stationnements

Comment les conseillers de la ville de Saguenay, ceux qui étaient là il y a tout juste un an, ont-ils pu accepter un tel projet? Accorder 4,5 millions $ en incitatifs à un promoteur pour la construction d’un immeuble de 79 logements, qui ne bénéficieront d’aucun espace de stationnement. Vu ainsi, c’est inacceptable. Il faut chercher plus loin ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES