Domtar doit rassurer ses travailleurs
La période des Fêtes n’en est pas une de réjouissance pour tout le monde. Les 175 travailleurs de la papetière White Birch de Rivière-du-Loup l’ont appris à leurs dépens alors qu’à deux jours de Noël on leur apprenait la fermeture définitive de leur papetière, de la famille F. F. Soucy.
L’usine était à l’arrêt depuis juillet et cherchait un nouveau plan de relance avec la collaboration du gouvernement du Québec. Selon l’entreprise, une analyse approfondie arrivait à la conclusion qu’aucune option ne permettait d’envisager une exploitation viable et durable.
Scénario inquiétant
Ce scénario qu’ont aussi connu les 164 travailleurs de la Consol à La Baie se répétera-t-il à l’usine de Kénogami où 226 travailleurs ont une fois de plus été mis en arrêt de travail du 22 décembre jusqu’au 5 janvier dernier. Les dirigeants du syndicat sont inquiets, tout comme le représentant du gouvernement, le député de la CAQ, Yannick Gagnon.
L’usine bicentenaire, à l’origine de la création de la ville de Kénogami, en 1912, a constamment transformé sa vocation au cours des dernières années. Celle qui fournissait en exclusivité le papier journal au Chicago Tribune a toujours cherché à diversifier sa production. On en est aujourd’hui au papier mécanique non couché à haut lustre. Un secteur, lui aussi, en ralentissement prolongé causé par le spectre de l’imposition de tarifs par le pays voisin.
Réforme forestière
Tout comme la réduction drastique des commandes, il y a derrière cette incertitude qui gagne les fabricants de papier, tout le dossier de la réforme forestière plombée par les discussions avec les représentants des Premières Nations et les écologistes.
On peut bien travailler sur des plans de remplacement de la production actuelle, mais sans l’assurance d’obtenir la matière première suffisante, les investissements ne se présenteront pas au rendez-vous. On a tout de même réalisé de nombreux changements en investissant dans la recherche qui a donné, entre autres, la pâte thermomécanique, le papier supercalandré (pour l’impression des circulaires).
Avantages compétitifs
La compagnie Domtar, ex-Résolu, ex-Abitibi-Price, jouit d’un avantage considérable en exploitant cinq barrages sur la rivière Shipshaw. Des installations qui fournissent à la fois ses installations à l’usine d’Alma et celle de Kénogami.
C’est pourquoi ses actionnaires doivent dévoiler leurs intentions dans les prochaines semaines. Notamment où en est-on à propos de la fibre cellulosique qu’on nous annonçait comme le produit pouvant garantir à long terme la consolidation des activités de l’usine?
Et surtout, il s’agit de rassurer les travailleurs et leur famille, qui viennent de traverser une période des Fêtes avec des questionnements plein la tête. De même, pour l’économie régionale, la fermeture d’une telle entreprise vient fragiliser tout un secteur économique.
Nos représentants politiques doivent suivre ce dossier de près parce qu’il se dresse comme la pointe de l’iceberg devant ce qui nous attend en 2026 si on ne règle pas, entre autres, la réforme forestière et notre indépendance envers les États-Unis.