Chroniques

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Est-ce qu’on aime «vraiment» le sport?

Le 20 novembre 2025 — Modifié à 11 h 14 min
Par Dominique Bolduc

Les gens qui me connaissent savent que je suis un grand amateur de sport, et pas seulement le hockey. J’aime le baseball, le basket-ball, le football et on pourrait même aller jusqu’au badminton. J’aime également y pratiquer mais seulement de manière amicale.

Évidemment, à travers tout ça, je côtoie d’autres amateurs de sport et je constate que le comportement de plusieurs a beaucoup changé au cours des dernières années. On dirait que certains écoutent le sport pour faire sortir le méchant, pour se défouler. Comme s’ils écoutaient pour détester. Est-ce qu’on peut appeler cela « amateur de sport »?

Je me promène dans les arénas du Québec depuis plus d’une vingtaine d’années à toutes les fins de semaines et je peux vous dire que j’en ai vu et entendu des insanités. À une certaine époque, certaines phrases étaient devenues un slogan, que les gens répétaient pour viser un joueur adverse ou encore un officiel. Certains mots pouvaient paraître méchants, mais au terme de tout ça, tous savaient que c’était pour mettre de l’ambiance et qu’il n’y avait pas de malice derrière ces intentions.

Maintenant, disons que la «game» a changé! Et l’arrivée des réseaux sociaux a donné un certain pouvoir aux sportifs de salon, à ceux qui n’avaient pas le talent ou même ceux qui ne voulaient pas mettre d’effort là-dessus, de critiquer voire menacer lorsqu’un athlète faisait quelque chose que ne lui plaisait pas.

Est-ce que c’est le rôle d’un amateur sportif? Oui il peut critiquer lorsqu’un athlète connait un faux pas. Mais le menacer lui ou ses proches? On va trop loin…

Je prends l’exemple de Samuel Montembeault, le gardien du Canadien de Montréal. Celui qui a été parmi ceux qui ont permis au Tricolore de se retrouver en séries au printemps dernier se retrouve maintenant dans le box des accusés. Son début de saison un peu chancelant est questionné de partout. Pour un journaliste, c’est normal. Mais pour un soi-disant partisan, qui va jusqu’à écrire directement à l’athlète, de le traiter de tous les noms et de même menacer lui et sa famille, on est rendu trop loin!

Cela se fait au niveau professionnel mais maintenant on le voit également au niveau amateur. Je trouve épouvantable de voir, d’entendre et de lire certains commentaires de sportifs de salon, qui croient en savoir plus que tout le monde, critiquer un joueur sur son comportement sans savoir si celui-ci a une quelconque blessure ou s’il a passé une mauvaise journée.

De plus, c’est incroyable comment les partisans sportifs sont devenus bipolaires de nos jours. Je vous donne un exemple qui date de quelques jours à peine et qui s’est déroulé ici-même dans la région. Les Marquis de Jonquière, après avoir remporté quatre victoires de suite, ont connu un creux vague un week-end perdant les deux rencontres et accordant un total de 14 buts. Et bien un partisan écrivait sur les réseaux sociaux comment il était fier de voir l’équipe performer et vanter la profondeur de l’organisation tout comme le travail des gardiens à la suite des quatre victoires.

Une semaine jour pour jour, ce même partisan était prêt à se débarrasser des deux cerbères de l’équipe tellement ils étaient, selon lui, pourris à l’os. Euh, ça va?

Cela m’amène à me poser la question si certaines personnes aiment le sport pour le détester ou simplement refouler certaines frustrations personnelles. Si c’est le cas, on n’est pas sorti du bois…

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