Chroniques

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Les inconduites sexuelles éclaboussent le hockey

Le 06 novembre 2025 — Modifié à 07 h 49 min
Par Richard Banford

L’histoire de cette jeune femme agressée sexuellement par cinq joueurs de la Ligue canadienne de hockey junior en 2018 a fait le tour du monde et secoué fortement les colonnes du temple de la Ligue nationale de hockey. Mais le journaliste Rick Westhead, du réseau des sports de TSN, ne s’est pas arrêté là. Dans son nouveau livre La fosse aux lions, lancé officiellement hier, il apporte un éclairage sur la sombre réalité de l’univers brutal du hockey canadien.

Tout son rigoureux travail d’enquête nous révèle des scandales, des faits encore peu connus où nombre de personnalités du monde du hockey, victimes d’abus d’entraîneurs et de coéquipiers peu scrupuleux, sont abusées. Un ratissage complet par ce brillant journaliste d’enquête, qui met le lecteur en face d’un aveuglement volontaire pour couvrir les déviations de notre sport national.

Comportements toxiques
Il dénonce sans retenue la vulgarité et la misogynie des réseaux sociaux. L’exemple de ce site d’une entreprise de vêtements de hockey, Gongshow Gear, dont le site contient ce que ses propriétaires ont baptisé la bible du hockey. Il s’agit ici d’un livre en ligne décrivant les femmes comme des salopes, des ânesses, des putes, des truies. Surtout, côté anglophone, on considère cette bible comme un divertissement inoffensif.
Il faut le voir pour le croire. Le quotidien Ottawa Citizen avait interviewé Rob Croft, cofondateur de Gongshow, qui trouvait que « cette bible est un excellent moyen de cibler notre marché ».

Pas que les femmes
Bien sûr, ce n’est pas d’hier que l’on entend parler de bizutage chez les joueurs de hockey. Les agressions sexuelles concernent, la plupart du temps, des femmes. Mais beaucoup de ces agressions touchent aussi des jeunes joueurs victimes de leurs entraîneurs. Le voile a été levé par l’attaquant des Bruins de Boston, Sheldon Kennedy, au cours d’une conférence de presse en 1996. Il a alors révélé avoir été agressé sexuellement au moins 300 fois, entre 1984 et 1994, par son ex-entraîneur, Graham James. L’exemple de Kennedy a donné le courage à beaucoup d’autres joueurs de dénoncer des cas semblables à travers tout le pays.
Au Québec, les instructeurs Jean Bégin et Stéphane Valois ont subi les foudres de la justice pour des inconduites sexuelles sur les jeunes qui leur avaient été confiés dans la LHJMQ.

Dans le vestiaire
Westhead nous met aussi en face de la réalité des vestiaires sportifs où, au nom de l’esprit d’équipe, on accepte des débordements comme ces initiations simplistes et vulgaires. Le genre de stupidités comme celles racontées par un ancien joueur des Saguenéens des années 1990, Carl Latulipe. Ou des abus d’autorité touchant des dirigeants d’équipe, entraîneurs ou thérapeutes sportifs.
Dans La fosse aux lions, on trouve ce message aux parents de joueurs de la part du regretté Ken Dryden : « Dès leur tout jeune âge, les joueurs développent cette conviction de pouvoir agir à leur guise sans jamais être tenus pour responsables ». Une attitude que les bonzes du hockey semblent toujours encourager en 2025.

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