Chroniques

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Un nouveau mode de scrutin municipal?

Le 10 juillet 2025 — Modifié à 11 h 28 min le 09 juillet 2025
Par Vincent Gosselin

L’idée d’une réforme du mode de scrutin municipal est récemment apparue dans la course à la mairie de Saguenay. D’abord suggérée par l’ancien député Denis Trottier lors d’un panel à l’antenne de Radio-Canada, elle a été reprise par le candidat Jacques Pelletier, qui en a fait un engagement électoral la semaine dernière.

Cette proposition émerge d’un constat légitime, soit qu’un maire élu avec moins de la moitié des voix, particulièrement lorsque de nombreux candidats sont en lice, peut souffrir d’un déficit de crédibilité. C’est pourquoi M. Trottier proposait qu’un second tour soit organisé, à l’image du modèle français, entre les deux meneurs.

Calquer le système utilisé en France pour nos élections municipales pourrait ne pas convenir à l’électorat québécois. En effet, il implique que les citoyens se rendent une deuxième fois aux urnes dans un court laps de temps.

Avec des taux de participation décevants lors des scrutins municipaux, convaincre les électeurs de retourner dans l’isoloir n’est pas un pari gagné d’avance. Le faible intérêt de nos concitoyens pour la politique est un fléau auquel nous devrions nous attaquer en priorité. Elle est là, la véritable crise de légitimité démocratique.

UN MODE PRÉFÉRENCIEL?

Notre système actuel est basé sur le principe de la pluralité des suffrages, c’est-à-dire que le candidat qui obtient le plus de votes l’emporte, même s’il n’atteint pas la majorité absolue (plus de 50 % des voix). Un mode de scrutin préférentiel pourrait permettre de pallier ce problème, sans toutefois nécessiter l’organisation d’une seconde élection.

Il suffirait de classer les candidats par ordre de préférence, du premier au dernier. Celui ayant obtenu le moins de votes serait éliminé et les voix des électeurs qui l’ont appuyé seraient redistribuées à leur deuxième choix... Et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on puisse déclarer un vainqueur avec plus de la moitié des suffrages.

Des variantes de ce modèle sont d’ailleurs utilisées par certains partis politiques lors de leurs courses à la direction. C’est notamment ce qui a permis à Andrew Scheer de dépasser Maxime Bernier au 13e tour de la chefferie conservatrice en 2017. Au sud de la frontière, c’est également un système préférentiel qui a été utilisé par le Parti démocrate le mois dernier afin de sélectionner son candidat en prévision de l’élection à la mairie de New York.

UNE DÉCISION LOURDE DE SENS

Il serait néanmoins téméraire d’appliquer une telle réforme cette année, même comme projet pilote, comme le propose M. Pelletier. La décision de changer notre façon d’élire nos représentants n’est pas à prendre à la légère.

Une seule ministre n’a pas la légitimité nécessaire pour établir une transformation aussi fondamentale pour la démocratie. Un changement à la loi électorale doit au moins être débattu et voté à l’Assemblée nationale. Au mieux, le peuple devrait se prononcer par référendum. Ce débat collectif, tout aussi pertinent soit-il, ne peut être précipité et mérite d’être mené en bonne et due forme au cours des prochaines années.

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