Chroniques

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Une réserve hydrique assurance-emploi

Le 22 mai 2025 — Modifié à 11 h 48 min le 20 mai 2025
Par Richard Banford

Quoi qu’en dise l’incontrôlable président populiste états-unien, les réserves d’eau québécoises et surtout l’utilisation qu’on en fait demeureront toujours un avantage incontournable dans la guerre commerciale pour le Québec et pour notre région. Rio Tinto et le premier ministre François Legault le savent. 

Ce dernier s’est déplacé à Alma, jeudi dernier, pour assister en personne à l’annonce d’un investissement de 1,7 milliard de dollars, pour moderniser la centrale hydroélectrique d’Isle-Maligne à Alma. Il s’agit du plus important investissement réalisé par Rio Tinto pour ses actifs hydroélectriques depuis les années 1950. 

DROIT HYDRIQUE 

Le «pouvoir» d’Isle-Maligne, comme le surnomment les plus vieux employés de Rio Tinto, ex-Alcan, a une capacité de 450 mégawatts. C’est en quelque sorte la Romaine-3, qui fait tourner l’usine d’aluminium d’Arvida, en lui fournissant l’électricité qui rend si compétitive l’industrie du métal gris fabriqué par Rio Tinto dans notre région.

Et non, le premier ministre n’annonçait pas cette fois de partenariat avec l’entreprise austro-anglaise. M. Legault, qui s’est félicité que Rio Tinto fasse ainsi un pied de nez à Donald Trump et à ses tarifs, aurait pu en profiter pour cependant rappeler que la multinationale a une dette envers le gouvernement pour jouir des droits hydriques qui la rendent à l’abri de la compétition. 

En fait, en évitant de nationaliser les grands barrages d’Alcan (sous le gouvernement Lesage par le ministre René Lévesque en 1962), le Québec permettait à l’entreprise d’engranger des centaines de millions $ annuellement. En contrepartie, Alcan devait garantir la stabilité d’emplois, notamment par la création d’entreprises de transformation.

USINES DE TRANSFORMATION

En cette ère de décarbonation, Rio Tinto tente de faire d’une pierre deux coups. D’abord par la recherche comme celle sur les nouveaux traitements pour les boues rouges, d’où on peut extraire du gallium, minerai critique recherché dans l’utilisation des technologies modernes. Ou encore, par l’implantation de la technologie AP60 qui doit remplacer les polluantes précuites. 
Les efforts de recherche de la multinationale sont appuyés entre autres par le centre universitaire de recherche sur l’aluminium (CURAL) de l’UQAC. Mais les résultats concrets se font toujours attendre comme pour Élysis, cette nouvelle technologie qui promet de produire de l’aluminium sans émission de CO₂.

Pendant que les nouvelles technologies continuent de gruger dans le nombre d’emplois chez les producteurs d’aluminium, les entreprises de transformation tardent à s’installer comme celle des billettes à Alma dont la construction vient de reprendre récemment.

Pour remplir sa part du contrat qui lui permet d’exercer ses droits hydriques dans notre région, Rio Tinto a besoin d’annoncer plus que des travaux de réfection de ses installations. Il faut souhaiter que le premier ministre Legault ait profité de son bref passage auprès des dirigeants de Rio Tinto pour leur rappeler leurs obligations envers notre région.

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