Chroniques

Temps de lecture : 1 min 55 s

Québecor : la recherche du parfait contrôle

Le 13 mars 2025 — Modifié à 14 h 24 min le 12 mars 2025
Par Richard Banford

Les journalistes plus âgés se souviendront de la campagne amorcée par la Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ) contre la convergence médiatique. C’était au début du nouveau siècle, une ère de changements structurels dans le cheminement du journalisme et surtout des différentes plateformes qui le véhiculent.

La FPJQ s’en prenait spécifiquement à la grosse machine Québecor, qui poursuivait sa montée vers la gestion intégrée de ses avoirs, combinant la radio, la télévision et les journaux. Il s’agissait ni plus ni moins que du début d’un contrôle de l’information que voulait freiner l’association professionnelle des journalistes.

TOUJOURS PLUS LOIN

On se rend compte, vingt ans plus tard, que, loin d’être parvenu à freiner l’élan d’unification des forces médiatiques, Québecor (qui avait déjà montré son intérêt pour acquérir les journaux de Capitales Médias en 2019) poursuit sur sa lancée. Profitant des rumeurs de difficultés financières touchant la Coopérative nationale de l’information (CN2i), qui regroupe six quotidiens, dont celui du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québecor revient à la charge. Fin janvier, la CN2i annonçait que tous ces journaux seraient intégrés au journal La Presse, seule entité du groupe Gesca transformée en OSBL en 2018.

Québecor considère qu’elle aurait dû faire partie des discussions. Elle vient de faire parvenir une lettre à tous les employés de ces journaux régionaux.

CONCENTRATION DE LA PRESSE

Tout comme en 2019, l’offre de Québecor d’intégrer les journaux de la CN2i soulève la délicate question de la concentration de la presse au Québec. Dans le contexte actuel de cette guerre commerciale avec les États-Unis, on voit trop bien comment une telle concentration pourrait contrôler les messages et mettre à mal jusqu’à la liberté de la presse.

Comme le fait valoir le chef de la direction, Pierre Karl Péladeau, il n’y a pas beaucoup d’alternatives pour assurer la survie de ces journaux, épine dorsale de l’information régionale. En 2009, prélude à la fermeture du journal Le Réveil, PK Péladeau était de passage dans le bureau du maire Jean Tremblay, où j’assistais, médusé, à ses prédictions pour l’avenir des journaux papier. C’était la mort annoncée de tous les imprimés. Il a eu en partie raison, mais curieusement, les siens, Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec et même Le Devoir (qu’il soutient indirectement en l’imprimant) sont encore livrés, avec beaucoup de succès, sur la plateforme papier.

INTÉGRATION INÉVITABLE

La solution la plus acceptable, sur les plans politique et moral, demeure l’intégration des journaux régionaux au journal La Presse. Mais l’intégration ne représente pas une garantie de réussite et surtout, comme on l’a vu pour TVA, beaucoup de salariés perdront leur emploi dans la transaction.

Si quelques postes de journalistes en région peuvent se justifier, il en est autrement du personnel de l’administration, des ventes et du marketing. Sur les 250 employés, une centaine garderont leur emploi… mais pour combien de temps?

 

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 29 août 2026

Une grosse leçon aux influenceurs

Si vous fréquentez ne serait-ce qu'un peu les réseaux sociaux, vous avez sûrement entendu parler des influenceurs sur le bateau à Miami et de la controverse qui s'en est suivie avec les propos sexistes d'un bijoutier de Québec. Je n'ai pas envie de m'en prendre à ces créateurs de contenu. Toutefois, il faut se poser beaucoup de questions relatives à ...

Publié le 27 août 2026

Les séries, l’occasion de se racheter

La saison de la ligue de baseball junior élite du Québec a pris fin le week-end dernier avec le couronnement des Diamants de Québec dans un match suicide face au Royal de Repentigny pour l’obtention du premier rang. Alors qu’on espérait voir les Voyageurs de Jonquière se battre pour cette position, la situation a été bien différente, pour plusieurs ...

Publié le 27 août 2026

Rebondissements politiques spectaculaires

Il y a longtemps que la région, particulièrement Chicoutimi-Le Fjord, n’a pas connu une période aussi fertile en rebondissements politiques. De quoi mettre au défi les plus férus observateurs des campagnes électorales. Depuis l’annonce de cette élection partielle fédérale dans la circonscription saguenéenne, par le chef libéral, Mark Carney, les ...