Chroniques

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« Si j’avais pas de char, ça changerait ma vie »

Le 04 juillet 2024 — Modifié à 13 h 47 min
Par Louis Potvin

Je paraphrase ici la célèbre chanson de Stephen Faulkner. Tout tourne ou presque autour de la voiture dans notre société. On ne peut imaginer vivre sans voiture. Surtout pour nous qui vivons en région.

Mais dans le contexte de l’inflation où l’on surveille davantage nos dépenses, et bien on regarde plus attentivement ce que coute notre train de vie.

Et récemment, j’ai lu plusieurs textes sur le coût mensuel ou annuel de posséder une voiture. Ça donne le tournis ! Surtout pour un gars comme moi qui n’est pas bien bien bon avec les finances.

« Ta retraite est dans ton driveway ». Ça, c’est un titre qui te donne le gout d’aller lire le texte. Si on plaçait une partie de l’argent qui sert à la voiture, on disposerait plus d’argent à la retraite et même la prendre plus tôt, selon ce texte.

Le journaliste de la Presse Nicolas Bérubé nous apprend que selon J. D. Power Canada, le paiement mensuel pour un véhicule neuf est de 880 $ en moyenne. Et plus de 30 % des gens qui ont un prêt auto paient plus de 1000 $ par mois. Oui Madame.

Le véhicule neuf moyen au Québec valait plus de 64 000 $ en 2023, alors que le revenu moyen après impôts tournait autour de 42 000 $. Donc l’équivalent d’un an et demi de salaire pour payer ta bagnole. Fou hein ! !

Selon différentes sources, le coût annuel pour une voiture peut varier entre 4 500 $ et 20 000 $ selon la marque et son utilisation. Ça inclut évidemment le terme, les assurances, l’entretien, l’essence, etc. 20 000 $, vous avez bien lu.

Mais parlant d’utilisation. Nos voitures sont stationnées à 95 % du temps. Or la voiture représente en moyenne (18,4 %) des dépenses d’un ménage, soit moins que le logement (26,6 %), mais plus que l’alimentation (16,2 %).

On dépenserait plus pour rouler que manger, c’est fou, pensez-y. Évidemment, on parle ici probablement de familles qui possèdent deux voitures passablement neuves et non pas d’un hurluberlu qui use à la corde sa Honda Civic 1999 avec 400 000 km au compteur.

La voiture nous coûte donc une fortune. Et si on ajoute les dépenses de notre société, principalement l’État, pour la construction et l’entretien de l’ensemble des infrastructures routières, ça prend des proportions éléphantesques. Vive le 3e lien à Québec…

Notre mode de vie tourne autour de la voiture. Et sincèrement, je ne sais comment ça pourrait changer bien que ça coûte terriblement cher.

Et je n’aborde même pas ici les effets de l’utilisation de la voiture sur l’environnement.

On ne peut pas revenir à la charrette et les chevaux. Et s’adapter en prenant l’autobus à Saguenay ou les systèmes de transport collectif à Alma, St-Félicien ou Dolbeau ou bien aller au travail à pied ou à vélo n’est pas si simple.

Évidemment, c’est bien plus facile de prendre son char et partir à l’heure que l’on veut et faire les courses ou transporter fiston à l’aréna.

Il faut être décidé en maudit pour essayer de délaisser la voiture.

Un jour, peut-être, je pourrai dire : « Mais j’ai pas mon char, Faqu’ j’vas prendre un taxi, Pour aller m’perdre quelqu’ part. Avec toi ma jolie. »

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