Samedi, 24 février 2024

Chroniques

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Diversité corporelle, oui, mais...

Le 24 février 2023 — Modifié à 13 h 29 min le 24 février 2023
Par Mélyna Girard

Diversité corporelle, oui, mais...

Chronique

Cette semaine, je vous parle du délicat sujet qu’est la diversité corporelle. Une tendance forte depuis quelques années sur les médias sociaux, vue un peu chez les hommes et beaucoup chez les femmes.

J’ai envie d’aborder ce sujet depuis plusieurs semaines, mais je me devais de trouver les mots justes, du moins à mon sens. Ce que je perçois de la tendance de la « diversité corporelle », c’est qu’une femme (un homme aussi) peut être sexy ou désirable avec un embonpoint notable. Là-dessus, je suis d’accord. C’est quand on ne pense pas plus loin que j’ai un problème. Avant de continuer, faisons un petit retour en arrière.

J’ai fait mon secondaire à la fin des années 80, début 90. Un âge où les mots pouvaient blesser sans que l’on ne s’en aperçoive. Un âge où la sensibilité n’était pas tout à fait développée. Quand j’avais 15 ans, Karine « courrait après » Jean-François. « Ah, Karine, elle est fine, elle a une belle face, mais elle est grosse, je ne peux pas sortir avec », disait Jeff. Quelques semaines plus tard, nous apprenions que le beau Jeff « frenchait » Karine en cachette. Vous ne serez pas étonnés d’apprendre que le reste de la gang l’a « écœuré » au point qu’il ne l’a plus revue.

Belle gang de « morons » vous avez envie de dire? Absolument! Toujours dans cette glorieuse époque, j’avais la chance de ne pas faire d’embonpoint. Mon chum Steve, mieux connu sous le nom du gros Steve, n’avait pas cette chance. Tout, absolument tout finissait par devenir une joke autour de Steve et de sa taille. Toujours pris en dernier dans les cours d’éducation physique, plusieurs s’amusaient à le « caller » devant les filles à cause de son poids, mais jamais nous n’aurions pensé que ça pouvait l’affecter.

Voyons, le gros Steve, il rit tout le temps. C’est un soir de party à 16 ans, alors que je le surpris en train de pleurer dans le noir, que je compris que nous étions allés trop loin, que ce n’était pas drôle. Si la diversité corporelle a fait progresser la manière de penser des jeunes d’aujourd’hui, je dis bravo.

En 1990, en cours d’éducation physique à la polyvalente, le professeur faisait monter les élèves sur la balance et disait leur poids à haute voix. Incroyable que personne n’ait réfléchi aux potentielles moqueries d’un tel geste. Pas étonnant que deux jeunes ados aient été victimes de railleries à la suite de cette pratique. Ça fait plus de trente ans et je m’en souviens encore. Je n’ose même pas blâmer le professeur qui faisait l’exercice sans aucune malice. Encore une fois, si la diversité corporelle a fait progresser la manière de penser des jeunes d’aujourd’hui, je dis bravo.

Maintenant, voici ce qui me chicote. Sur les réseaux Tik-Tok et Instagram, je vois des influenceuses de partout sur la planète en surpoids prendre des photos coquines et parler de l’acceptation.

Là-dessus, je suis 100 % d’accord avec elles. Certains hommes le font, en quantité toutefois moindre, mais je me dois de les compter dans l’équation, tous les genres étant égaux. Ces gens-là sont dans la vingtaine, jeunes et en forme. Mais est-ce qu’ils pensent aux effets à long terme du surpoids?

Parce que l’avenir arrive très vite et je suis très bien placé pour vous en parler. De 26 à 37 ans, j’étais au-delà du 400lbs et je n’avais aucun problème. Je me suis pris en main bien que je sois encore « gros ».

Le résultat? J’ai dû me faire opérer le genou gauche et j’ai toujours mal à celui de droite. C’est « plate » en tab! Selon mon médecin, c’est presque un miracle que je n’aie pas d’autres problèmes de santé. À la diversité corporelle, je dis un gros oui, mais, s’il vous plaît pensez et surtout anticipez les 20 prochaines années.

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