Dimanche, 16 juin 2024

Chroniques

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La rénovation du Foyer des Loisirs, le foyer de la discorde

Le 30 septembre 2022 — Modifié à 11 h 44 min le 30 septembre 2022
Par Mélyna Girard

Chronique

La construction de nouvelles infrastructures culturelles et sportives a toujours suscité des débats dans notre ville. Rappelez-vous le référendum pour la rénovation ou la construction d’une nouvelle salle de spectacle à Chicoutimi ou la rénovation du Centre Georges Vézina. Dans les années 70, à la suite des fusions municipales, la nouvelle ville de Jonquière vivait encore un conflit avec sa population pour la rénovation du Foyer des Loisirs, l’emblématique édifice patrimonial d’Arvida.

LE CENTRE DE RECRÉATION D’ARVIDA, L’ANCÊTRE DU FOYER DES LOISIRS

Le 12 septembre 1943, l’ancienne Ville d’Arvida inaugurait son magnifique centre de récréation, l’un des plus imposants au Canada. Cette infrastructure culturelle et sportive avait été aménagée pour la santé et le divertissement des employés d’Alcan et de la population.

À l’intérieur de ce grand complexe « culturelo-sportif », on y retrouvait au rez-de-chaussée : un auditorium, une salle de billard, une salle de quilles, des vestiaires modernes, des glaces pour le curling et un grand restaurant. À l’étage, on retrouvait des salles pour des jeux, des réunions, pour la pratique de la fanfare, les Ambassadeurs d’Arvida, et une pour la lecture. Pour l’époque, une ville qui créait des infrastructures pour la culture et le sport était avant-gardiste. En 1961, l’Alcan vendait à la Cité d’Arvida le Centre de récréation d’Arvida. La Cité créait la commission des loisirs pour gérer le Centre et on décidait de changer son nom pour Foyer des loisirs. En 1964, on rafraîchit la salle de quilles et on projetait de construire une piscine.

LE FOYER À L’ABANDON

Dans l’édition du Réveil du 29 avril 1975, le journaliste, Jean-Luc Hébert, faisait un article sur la condition lamentable de l’édifice du Foyer des loisirs. Sur les photos, on pouvait voir l’état de délabrement de l’infrastructure. Juste avant la fusion municipale, la ville d’Arvida passait une motion pour un règlement d’emprunt de 4 M$ pour la rénovation de l’édifice. Le dossier se retrouvait au bas de la liste des priorités de la nouvelle ville fusionnée.

NOUVELLE VILLE, NOUVEAU DÉBAT

Maintenant que le conseil de la nouvelle ville de Jonquière était en place, avec Francis Dufour, ancien maire d’Arvida à sa tête, on doit maintenant s’occuper du Foyer des loisirs. La nouvelle ville de Jonquière revoit à la baisse son projet de 4 M$ pour un projet de 2 M$ en conservant les infrastructures sportives seulement.

On se rappelle qu’à la fin des années 70, le Québec se retrouvait dans un contexte économique difficile. Malgré une réduction du projet initial de rénovation, l’opposition s’organisait pour bloquer le projet de rénovation du Foyer des loisirs.

On assistait à un vrai combat de lutte. Dans le coin droit, Le Front municipal JAK, composé principalement des citoyens de Jonquière et Kénogami, s’opposait farouchement au règlement d’emprunt. Dans le coin gauche, l’Association des citoyens de Jonquière, anciennement le Front municipal d’Arvida, qui était pour la rénovation du Foyer des loisirs malgré leur déception que le projet ne conserve pas la forme originale du bâtiment.

Le débat durera 2 ans et se terminera par une consultation publique sur le projet d’emprunt pour la rénovation.  La loi municipale exigeait la signature de 500 propriétaires pour avoir recours à un référendum, seulement 380 signeront le registre. L’administration de Francis Dufour avait gagné, on commençait les travaux de la rénovation le 15 mars 1977 et on procédait à l’ouverture du nouveau Foyer des loisirs le 30 septembre de la même année.

Je voudrais dédier cette chronique à Lucie Duguay, une Arvidienne d’adoption, qui a quitté son Montréal natal pour devenir gestionnaire du Foyer des loisirs en 1974. Elle m’a raconté l’histoire de la fermeture de l’ancien Foyer des loisirs et la construction du nouveau.  Elle a dédié une partie de sa vie au sport et loisir de note ville.  Merci, Lucie, pour ton dévouement et surtout ta passion pour Arvida.

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