Au terme d’un long procès, la juge Chantal Tremblay a reconnu Gilbert Rozon coupable d’agressions et de harcèlement sexuels commis à l’endroit de huit femmes. L’ex-producteur et fondateur du festival Juste pour rire est condamné à verser un total de 880 000 $ en dommages aux demanderesses Patricia Tulasne, Lyne Charlebois, Danie Frenette, Annick Charette, Anne‑Marie Charette, Sophie Moreau, Guylaine Courcelles et Martine Roy.
Dans deux jugements totalisant près de 600 pages et rendus publics aujourd’hui, la juge Tremblay conclut à la véracité des agressions et du harcèlement dénoncés. Elle décrit le comportement de Gilbert Rozon comme celui d’un « prédateur sexuel », soulignant que, pendant plus de deux décennies, il a utilisé divers prétextes afin de se retrouver seul avec des femmes avant de les agresser.
Elle rejette par ailleurs le témoignage de l’accusé, estimant que « la crédibilité de M. Rozon ainsi que la fiabilité de son témoignage sont grandement affaiblies en raison des imprécisions, incohérences, invraisemblances et contradictions précitées ».
Selon la juge, ces éléments démontrent « un manque d’honnêteté et de sincérité » de sa part, ce qui a pesé lourdement dans l’appréciation de la preuve, de même que son absence de remords, ses commentaires jugés méprisants à l’endroit des demanderesses, ainsi que ses affirmations voulant qu’il soit lui-même une victime.
Elle dit avoir également tenu compte de la durée de l’inconduite, du nombre élevé de victimes et de la nature répétée des gestes reprochés pour établir ses conclusions et les montants accordés aux plaignantes.